“BONPLAND: LES PASSAGES D’UN HOMME LIBRE”, Christian Prévost

PREVOST Christian
Commission historique
17180 PERIGNY (FRANCE)

Aimé Bonpland (1773-1858) n’a jamais hésité à franchir les limites d’un territoire ou à atteindre les bornes de la liberté. C’est l’idée défendue par Eric Courthès qui vient de pu-blier « Le Voyage sans retour d’Aimé Bonpland, explorateur rochelais » (1) et « Les Pas-sages d’un homme libre » (2). Ainsi l’occasion est-elle offerte au lecteur d’aller sur les traces d’Aimé Bonpland qui apparaît à la fois comme un voyageur avisé, un homme d’ac-tion aux multiples facettes et un inspirateur pour les générations qui lui ont succédé.

UN VOYAGEUR AVISE

Aimé Bonpland a toujours été en mouvement : « j’étais né pour de multiples aventures, voyages et découvertes… » (3). Il apparaît comme l’ « arbre voyageur qui se transporte, avec ou sans ses racines, d’une terre à l’autre » (4). Il n’est pas surprenant, dans ces conditions, qu’Eric Courthès ait recours à l’image du chê-ne pour décrire chacune des étapes de la vie d’Aimé Bonpland. Ainsi en est-il de sa jeu-nesse et de son adolescence qui se déroulent alors que le héros est « perché dans un chêne rochelais » (5). De même, sentant sa fin venir, il va « mourir en paix à l’ombre des arbres » (6). C’ est de cette manière qu’ Eric Courthès invite le lecteur à découvrir son livre qui n’est pas un manuel d’histoire consacré à la vie et l’œuvre d’Aimé Bonpland mais un « roman » (7) où le réel et l’imaginaire se mêlent étroitement (8).

Dès les années 1790, Aimé Bonpland quitte sa ville natale de La Rochelle pour se rendre à Paris où il entreprend des études de médecine comme son frère Michel-Simon (1770-1850). Mais l’ancien élève du collège royal de La Rochelle devait se rappeler la leçon de Montaigne : « … le voyager me semble un exercice profitable. L’ame y a une continuelle exercitation à remarquer les choses incogneuës et nouvelles … » (9). Doté d’une double formation civile et militaire en qualité de médecin, il rencontre, en 1798, Alexandre de Humboldt (1769-1859) avec lequel il va explorer l’Amérique du Sud entre 1799 et 1804 (10). Puis, pendant la période napoléonienne, il se fixe à Paris et dans sa région, hormis quelques déplacements d’ordre privé ou officiel. En un mot, il cesse de courir le monde (11). Mais, à partir de 1816, il redevient voyageur (12). Ami de Bolivar et, plus généralement, des « Libertadores », partisans de l’indépendance des contrées sud-américaines, il se rend dans les pays du « Cône sud » (s’étendant du Brésil à l’Argentine), qu’il sillonne à cheval, à dos de mule ou en bateau – de type « chalana » (13).

Arrivé à Buenos Aires le 18 janvier 1817, il supporte mal l’atmosphère qui y règne. Aussi, le « professeur d’histoire naturelle des Provinces-Unies » – titre qu’il s’est vu décerner – (14) prend-il rapidement la décision de partir pour l’intérieur des terres. C’est ainsi qu’il va 1. s’installer aux confins de l’ Argentine et du Paraguay. A Candelaria, il repère une « mer-
veilleuse plantation » (15) dont il voudra faire un modèle d’ « industrie, d’ordre et de pros-périté » (16).

Mais Candelaria se trouve sur le territoire du Paraguay, Etat de l’espace sud-américain, qui, le premier, a proclamé son indépendance mais est dirigé, dès 1814, par le dictateur Francia. Fermant son pays aux étrangers, ce dernier va y retenir de force Aimé Bonpland qui sera assigné à résidence, pendant plus de neuf ans, à Santa Maria de Fe. Même s’il pouvait se rendre à la ville voisine d’Ytapuá (17), peut-on en conclure qu’il vivait dans une « prison dorée au Paraguay » (18) ? Seule la fiction romanesque permet de l’affirmer.

Il est évident qu’Aimé Bonpland a été beaucoup plus libre de ses mouvements à partir du moment où il a quitté le Paraguay. Une fois franchi le fleuve Uruguay, il se trouve dans la province du Rio Grande do Sul située dans l’extrême sud brésilien où il va exploiter une propriété à San Juan Mini (19). Mais sa connaissance du terrain, doublée d’un sens poli-tique évident, l’amène à reprendre contact rapidement avec l’Argentine. C’est ainsi qu’en septembre 1837, il acquiert une propriété à Santa Ana dans la province de Corrientes (20).

Pendant toute cette période, les nombreux déplacements d’Aimé Bonpland ne l’empê-chent pas d’écrire : le Muséum d’histoire naturelle à Paris et le Musée de botanique et de pharmacologie de Buenos Aires, en particulier, possèdent de nombreux documents qu’il a rédigés entre 1831 et 1857.

Ses travaux les plus connus ont trait au maté (21). Pendant des dizaines d’années, il con-tinuera à s’intéresser à cette plante (22) et, plus généralement, à tout ce qui a trait à la bo-tanique :
– en 1849, alors qu’il est âgé de soixante-seize ans, il se plaît à herboriser alors qu’il se trouve dans la ferme de son ami don Pedro Chaves située dans la province brésilienne du Rio Grande do Sul (23) ;
– sept ans plus tard, il rapporte d’une expédition en Uruguay des échantillons de plantes qu’il décrit dans son « Journal de Botanique » (24).

UN HOMME D’ACTION AUX MULTIPLES FACETTES

La personnalité d’Aimé Bonpland a été façonnée, à la fois, par la culture du XVIIIᵉ siècle et par le profit qu’il a su tirer de sa relation étroite avec Alexandre de Humboldt (25).

Selon le chercheur Eduardo G. Ottone (26), Bonpland se situe dans la lignée des ency-clopédistes du XVIIIᵉ siècle comme Auguste de Saint-Hilaire ou Alcide d’Orbigny : « … ces hommes portèrent un intérêt particulier à différents aspects de la science tels que la physi-que, la chimie, l’astronomie, la biologie, la paléontologie et l’archéologie. Le naturaliste voyageur observait la nature comme un tout et dans son ensemble. Il décrivait et rassem-blait toutes sortes de roches et de minéraux. Il herborisait des plantes exotiques et recueil-lait des graines pour les jardins botaniques européens mais il chassait aussi des oiseaux, des reptiles, des insectes et des mammifères et il pêchait des poissons afin qu’ils soient préparés et exhibés dans les vitrines des musées européens comme s’ils avaient été vivants … »
2.
Aimé Bonpland a suivi des études de médecine dans le droit fil de la tradition familiale. Mais, fréquentant le Paris intellectuel des années 1790, il va s’intéresser progressivement à d’autres disciplines telles que la botanique.
Au surplus, le fait d’avoir connu, à partir du printemps 1798, Alexandre de Humboldt n’a pu qu’élargir le champ de ses connaissances :
– Humboldt est acquis aux idées de liberté et de progrès de l’ « Aufklärung », équiva-lent allemand de la « philosophie des Lumières ». A cela s’ajoute, outre-Rhin, l’im-portance de tout ce qui a trait alors à la nature et aux phénomènes premiers (27) ;
– par sa mère, il a des ascendances écossaises et françaises qui ont favorisé l’éclo-sion de sa vaste culture ;
– il a acquis de solides connaissances qui lui auraient permis de faire une brillante carrière d’ingénieur des Mines au sein de l’administration prussienne.

Dotés de nombreux instruments scientifiques, Bonpland et Humboldt auront l’occasion de confronter et de mettre en pratique leurs connaissances dès le début de leur expédition en Amérique du Sud. C’est ainsi qu’ils avaient prévu d’établir, « par des observations astrono-miques » (28), l’endroit où les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque se rencontrent. Mais il est possible de citer bien d’autres exemples de sujets (29) que Bonpland et Humboldt ont appréhendés sur le terrain, puis étudiés :
– les espèces animales et végétales (de l’orchidée aux singes) ;
– les montagnes et, en particulier, les volcans tels que le Chimborazo. De là décou-lent leurs études de phytogéographie sur l’étagement de la végétation, qui consti-tuaient autant d’innovations à l’époque ;
– les courants marins (comme celui de « Humboldt ») sans oublier les premières esquisses du canal de Panana ;
– les matières comme le guano auquel Buffon s’était déjà intéressé.

Ainsi, Bonpland et Humboldt ont-ils été des pionniers qui ont fait progresser des disci-plines telles que la botanique et les sciences de la terre. Mais, alors que Humboldt est de-meuré un intellectuel auréolé d’un grand prestige, Bonpland a toujours préféré agir en homme de terrain : il l’a prouvé en étant pendant des décennies, à la fois, médecin et agriculteur (30).

Dès l’époque de l’expédition vers l’Amérique du Sud, Aimé Bonpland met en pratique ses connaissances médicales (31) : cela va se révéler très utile pour lui-même et ses compa- gnons de voyage affrontés aux rigueurs du climat et de la végétation. Par la suite, il est reconnu, au Paraguay, comme un médecin qui soigne les malades ou pratique des accouchements : « (…) ce furent bientôt toutes les portes des maisons du village qui s’ouvrirent à moi, je conseillais et j’accouchais les parturientes … » (32). Hom-me aux compétences multiples, il fabrique un baume à partir de l’écorce d’un arbre (le cayana citrullifolia) qui avait dû retenir son attention de botaniste. On peut comprendre dans ces conditions qu’au fil du temps, Aimé Bonpland soit devenu un homme respecté alors même qu’il restait soumis à un confinement strict (33). A partir de l’époque où il se fixe à Candelaria, Aimé Bonpland devient aussi un agriculteur qui réussit plutôt bien. Cela va se vérifier, par la suite, à Sao Borja (au Brésil) et à Santa Ana (en Argentine) : 3.
– dès l’époque du Paraguay, il était parvenu à une certaine aisance. Ses biens et ses troupeaux atteignaient un niveau tel qu’il lui a fallu une année pour régler tout ce qu’il possédait dans le secteur de l’Ytapuá. Si tel n’avait pas été le cas, comment aurait-il pu acquérir une propriété au Brésil ?
– en 1837, il rencontre des difficultés au Brésil (les troupes brésiliennes s’étant em-parées de ses troupeaux). Il quitte alors le pays pour gagner l’Argentine où, grâce à Pedro Ferré, ancien gouverneur de la province de Corrientes, il acquiert une pro-priété de 13 500 hectares à Santa Ana. Il est alors à la tête d’un troupeau de 5 000 mérinos ainsi que de plusieurs centaines de bovins et de chevaux ;
– un nouveau coup du sort le frappe en 1839. Il doit quitter l’Argentine et se fixer en Uruguay d’autant plus que la province argentine de l’ Entre Rios (mésopotamie entre les fleuves Parana et Uruguay) lui impose une sévère réquisition.

Toutefois, quelle qu’ait été son activité principale à un moment donné, Aimé Bonpland demeure un naturaliste pluridisciplinaire.

Lors de ses nombreux déplacements dans le « Cône sud », il envoie, au Muséum d’histoi-re naturelle à Paris, des caisses qui, selon le cas, contenaient des échantillons de plantes ou d’arbres mais aussi des oiseaux embaumés, des roches ou des fossiles. C’est ainsi que, se trouvant en 1840 dans la région brésilienne de Porto Alegre, il n’hésite pas à rede-venir « le Bonpland explorateur et naturaliste » (34).

Dans le même temps, Aimé Bonpland s’intéresse à d’autres activités humaines. Alors qu’au départ, ses connaissances linguistiques étaient fort limitées, il se met à apprendre l’espagnol et la langue guarani : « en quelques mois, je fais mienne cette magnifique langue qu’est le guarani » (35). De plus, il va rédiger à ce sujet des « Notes sur la langue des Indiens » (36).

Dans un autre ordre d’idées, Aimé Bonpland ne va pas échapper aux tourbillons de la vie politique sud-américaine. En dépit des difficultés que cela va lui occasionner – au regard de la gestion de ses affaires personnelles -, il défend la cause des dirigeants locaux qui luttaient contre les détenteurs du pouvoir, en particulier, à Buenos Aires et à Rio de Janei-ro. Peut-être qu’ il avait même songé à une alliance géographique qui aurait réuni les provinces argentines de Corrientes et de l’ Entre Rios ainsi que la « bande orientale », autrement dit, l’Uruguay des origines.

Homme d’action, Aimé Bonpland n’était pas dépourvu d’idéal dès lors qu’il s’agissait de défendre une cause qu’il considérait comme juste.

UN INSPIRATEUR POUR LES GENERATIONS QUI LUI ONT SUCCEDE

Le chercheur Julio Rafael Contrera Roqué (37) a relevé plus de cinq cents références bibliographiques relatives à Aimé Bonpland. Dès le XIXᵉ siècle apparaissent des biogra-phies à son sujet, qui seront complétées par bien des travaux au cours des décennies suivantes. De plus, à une époque beaucoup plus récente, il a servi de fil conducteur à une pièce de théâtre de Ibsen Martinez ainsi qu’à « Aire libre », film de Luis Armando Roche. C’est dans ce contexte que s’insère le roman d’Eric Courthès qui, empruntant à la biographie, au ro- 4. man historique, voire au récit d’outre-tombe (38), relève de plusieurs genres littéraires. Mais, pour l’auteur, le voyage au pays de Bonpland sera toujours une « symphonie ina-chevée ». En effet, il travaille à divers projets comme la réalisation d’une bande dessinée en collaboration avec le dessinateur paraguayen Carlos Meyer.
Si, en définitive, Eric Courthès s’intéresse tant à Aimé Bonpland, cela résulte à la fois de sa « passion quasiment fusionnelle » à son égard (39) ainsi que de l’importance, chez le naturaliste d’origine rochelaise, de tout ce qui a trait à la liberté (40) : « …il était bien l’hom-me des Passages, des Franchissements tant géographiques que scientifiques ou histori-ques et politiques (…) après ses exploits amazoniens et sa réclusion paraguayenne, il était devenu un esprit Libre en mouvement perpétuel que ni les guerres, ni les amis – et encore moins les ennemis – ni les nombreux amours, ni même l’absence sans doute douloureuse de ses propres enfants, ne pouvaient arrêter … » (41). Au surplus, le culte de la liberté a toujours rapproché Aimé Bonpland et Alexandre de Humboldt qui déclarait dans son testament : « … ce qui m’est le plus cher et qu’on ne peut me ravir, c’est le sentiment de liberté qui me suivra jusqu’au tombeau ! … » (42).

N O T E S (1) Eric Courthès, Le Voyage sans retour d’Aimé Bonpland, explorateur rochelais, éditions L’Harmattan, Paris, 2010, 185 pages ; (2) Eric Courthès, Les Passages d’un homme libre, article paru sur le site « internet » des éditions L’Harmattan, Paris, 2010, 14 pages ; (3) Eric Courthès, ouvrage cité, page 143 ; (4) Eric Courthès, ouvrage cité, page 157 (l’image de l ‘ « arbre-voyageur » est reprise par Cédric Cerruti dans sa postface au roman d’Eric Courthès [cf. pp. 173-175]) ; (5) Eric Courthès, dernier chapitre de l’ouvrage cité, pp. 165-171 ; (6) Eric Courthès, page 9 et avant-dernier chapitre de l’ouvrage cité (pp. 161-163) ; (7) Le livre d’Eric Courthès porte le sous-titre de « roman » (cf. page 5) ; (8) Dans sa postface, Cédric Cerruti qualifie le livre d’Eric Courthès à la fois de « roman historique » et d’ « histoire romantique » (cf. page 175) ; (9) Montaigne, Œuvres complètes, Paris, éditions Gallimard (La Pléiade), 1962, page 951 ; (10) Eric Couthès consacre un chapitre de son livre à l’expédition en Amérique du Sud lorsqu’il évoque le périple d’Aimé Bonpland et d’Alexandre de Humboldt « de l’Orénoque à l’Amazone » (cf. ouvrage cité, pp. 17-25) ; 5. (11) Dans l’article cité plus haut, Eric Courthès qualifie Aimé Bonpland de « dromoma-niaque », autrement dit, de héros qui, à la manière de l’athlète grec, éprouve le besoin d’entreprendre sans cesse une course (dromos) (cf. Eric Courthès, article cité, page 2) ; (12) « Je rêve d’un nouveau départ … l’air du large que je respire enfin est à nouveau emprunt de Liberté » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, pp. 34-35) ;
(13) Au début de 1856, alors qu’il ne lui reste environ que deux ans à vivre, Aimé Bon-pland part à la recherche d’ « une prétendue mine de mercure » en empruntant le bateau à fond plat (dénommé « chalana ») que le gouverneur Pujol de Corrientes avait mis à sa disposition (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 148) ; (14) Eric Courthès, ouvrage cité, page 39 ; (15) Aimé Bonpland fera tout pour mettre en valeur la plantation de Candelaria qui com-prenait 12 500 pieds de maté (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 48) ; (16) Nicolas Hossard, Aimé Bonpland (1773-1858), médecin, naturaliste, explorateur en Amérique du Sud, éditions L’Harmattan, Paris, 2001, page 69 ; (17) Ytapuá correspond à l’actuelle ville d’Encarnación ; (18) Eric Courthès, ouvrage cité, « Ma prison dorée au Paraguay », pp. 53-68 ; (19) « Sur un terrain de trois hectares, je plante plus de 1 500 orangers, je reprends la culture et l’étude du maté qui dans ces régions pousse presque à l’état naturel. Je plante moult légumes et fruits » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 70) ; (20) Nicolas Hossard cite une lettre d’Aimé Bonpland en date du 2 mars 1837 à propos de sa propriété de Santa Ana : « j’en ferai là un nouveau Malmaison » (cf. ouvrage cité, page 122) ; (21) Le maté, appelé aussi thé du Paraguay, est une variété de houx dont les feuilles, infusées dans de l’eau chaude, donnent une boisson stimulante. Aimé Bonpland a étudié le maté à partir de 1818 et l’a appelé, en souvenir de son ami, « ilex humboldiana » plutôt que d’avoir recours à l’appellation officielle de « ilex paraguayensis » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, pages 40 et 42) ; (22) Dans une lettre adressée, le 1er juin 1832, à Alexandre de Humboldt, Aimé Bon-pland écrit : « (…) j’ai beaucoup à dire sur le thé du Paraguay et sur la géographie de cette plante précieuse… » (cf. Nicolas Hossard, Alexander von Humboldt et Aimé Bon-pland – Correspondance 1805-1858, éditions L’Harmattan, Paris, 2004, page 84) ; (23) « Je découvris à cette occasion de magnifiques orchidées, qui complétèrent ma col-lection (…) les bonnes surprises en matière de botanique ne s’arrêtèrent pas là, je dé-couvris aussi des arbres aux essences rares, qui jalonnaient mon chemin (…) la monta-gne entourant la propriété de mon ami regorgeait en effet de picadas [pistes, sentiers tracés dans la forêt], bordées d’arbres et de fleurs incroyables telles que j’en avais jamais vues… » (Eric Courthès, ouvrage cité, page 133) ; 6. (24) « Je rapporte de cette fructueuse expédition une nouvelle composée aquatique du genre Centaurea, un exemplaire de Saint-Antoine à fleurs jaunes du genre Convolvulus, et surtout une espèce locale de nénuphars (fort abondants et plus forts et vigoureux que ceux de Corrientes), aux magnifiques fleurs bleues, du genre Pontederia (…) je m’empres-se de les mettre à sécher dans mes presses de papier cartonné habituelles et de les dé- crire précisément dans mon inséparable Journal de Botanique, où figurent près de 3 000 exemplaires recueillis tout au long de mes multiples voyages … » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 152) ; (25) La correspondance qu’ Aimé Bonpland et Alexandre de Humboldt ont échangée pendant plus de cinquante ans en témoigne (cf. Nicolas Hossard, Correspondance…, ouvrage cité plus haut) ; (26) Eric Courthès, Les Passages d’un homme libre, article cité, page 4 ; (27) « De tous ses travaux, c’est sans doute L’Essai sur la géographie des plantes qui of-fre l’essence de la pensée de Humboldt. Inspiré par ses excursions d’enfance, par les débuts entre les interprétations vitalistes et mécanistes de la nature, Humboldt a reçu beaucoup d’encouragement de sa correspondance avec Gœthe. Déjà, en 1790, Gœthe publia Die Metamorphose der Planzen (La Metamorphose des plantes) où il prétend que l’humaniste Orphée pourrait – aussi bien que le savant scientifique – révéler les secrets des plantes. Gœthe a aussi insisté sur l’origine primordiale de toutes les formes végétales, le Urphänomen (phénomène premier), une notion que Humboldt pensait croyable … » (cf. extrait tiré d’une conférence de Madame Anne Buttimer du « University College » de Du-blin) ; (28) Eric Courthès, ouvrage cité, page 23 ; (29) Même si Eric Courthès y consacre un chapitre entier de son livre (cf. pp. 17-35), l’exploration des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque ne constitue qu’une partie de l’expédition d’Aimé Bonpland et Alexandre de Humboldt dans les années 1799-1804 ; (30) « Je m’occupe toujours de l’exercice de la Médecine , mais surtout de l’agriculture sur une grande échelle… » (cf. Nicolas Hossard, Correspondance …, ouvrage cité, lettre de Bonpland à Humboldt en date du 2 septembre 1855) ; (31) « (…) mon âme de médecin ne me condamne-t-elle pas à porter secours à nos amis et à nos ennemis, le cœur égal ?… » Plus que tout autre passage du livre, le chapitre qu’Eric Courthès consacre à l’île aux Lépreux illustre la grande attention qu’Aimé Bonpland a toujours portée à autrui (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 95 et chapitre des pp. 81-90) ; (32) Eric Courthès, ouvrage cité, page 59 ; (33) « Grâce aux savoirs indigènes, je découvris des antidotes aux morsures de ser-pents, je soulageais les nombreux rhumatisants, bref, j’étais devenu à leurs yeux le Caraí Arandú, le Grand Savant en guarani, ‘l’homme qui possède la lumière dans son esprit’… » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 59) ; 7. (34) « … un vieux rêve enfoui ne cessait de resurgir (…) je passai encore deux mois à herboriser dans la Serra de Santa Cruz, je classifiai des ‘petusias, mutisias, nicotianas, amarilis, begonias, valerianas, milastomas, ilex, bromelias, cañas, laureles’, je remplis des pages et des pages de mon livre de diagnoses, de croquis fiévreux de toutes ces plantes, accompagnés de descriptions en latin, et de notes dans la marge en français et en espa-gnol … » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 135) ; (35) Est « guarani » tout ce qui se rapporte aux Indiens du Paraguay ; (36) Eric Courthès, ouvrage cité, page 48 et note n° 3 en bas de page ; (37) Eric Courthès, Les Passages d’un homme livre, article cité, page 9 ; (38) Le fait qu’Aimé Bonpland soit mort, le 11 mai 1858, au Passage des hommes libres (Paso de los libres) en Argentine renforce la symbolique liée à la notion de « gué » (« pa-so ») séparant le monde des vivants et celui des morts. Eric Courthès les décrit sous la forme d’un diptyque saisissant qui revient comme un leitmotiv (cf. ouvrage cité, page 16 : « … depuis ma mort, je suis vivant, par ce livre qui vous est adressé … » ; et page 68 : « … en traversant le grand fleuve noir, mon Styx à moi, je passai du Royaume des Morts à celui des Vivants … ») ; (39) Dans l’entretien qu’il a eu avec Frédéric Zabalza, journaliste de « Sud Ouest », Eric Courthès déclare : « … j’ai écrit cette biographie à la première personne. C’est un peu les mémoires qu’il aurait pu écrire … » (cf. édition du 22 octobre 2010, page 24 d) ; (40) L’Amérique du Sud a toujours été, pour Aimé Bonpland, la terre de la liberté. C’est la raison pour laquelle, en 1816, il quitte à jamais la France pour l’hémisphère sud : « (…) j’étais, pour la première fois de ma vie, au bord d’une frontière, qui ne se laissait point franchir, le premier écueil sérieux dans une série de pérégrinations et de voyages sur ce merveilleux continent où le Maître Mot était Liberté ! … » (cf. Eric Courthès, ouvrage cité, page 67) ; (41) Eric Courthès, article cité, page 12 ; (42) Nicolas Hossard, Aimé Bonpland …, ouvrage cité, page 157.
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Acerca de eroxacourthes

French traveller, writer and translator, foolish of Latin Amarica!!!
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