“Reseña de “L’insule paraguayenne”, par Jean-Marie Lassus

Eric Courthès, L’Insule paraguayenne, Paris, Editions Le Manuscrit, Essais et documents, mars 2006

 

 

 

            Comme l’observe Alejandro Maciel dans sa préface, l’ouvrage se présente comme une étude approfondie sur le Paraguay, centrée sur le thème de l’enfermement. Linguiste et spécialiste de l’œuvre de Roa Bastos, Eric Courthès se livre ici à une minutieuse analyse linguistique des dérivations du mot « Paraguay » en en soulignant le caractère prismatique. Alejandro Maciel relève à ce propos la profonde capacité d’analyste du linguiste, qui s’appuie sur une solide expérience du terrain (le Chaco, visité et exploré par l’auteur) et fait du Paraguay un « vaste archipel d’enfermements » où cohabitent indigènes, colonies mennonites, propriétaires terriens et dictateurs. La « terra incognita » paraguayenne, encore appelée « Chine américaine » au XIXème siècle, est approchée dans cet ouvrage de manière à la fois structurelle et fonctionnelle.

 

 

            L’Insule paraguayenne propose plusieurs approches du phénomène paraguayen, à la fois linguistique, géographique, conceptuelle, mais aussi socio-historique et littéraire. Outre les minutieuses et passionnantes analyses auxquelles nous convient ces pages, on retiendra l’étude originale du chronotope de l’isolement dans la littérature paraguayenne et dans les textes de Roa Bastos, notamment Fils d’homme et Moi le Suprème. Eric Courthès montre à quel point Roa Bastos, mieux qu’un anthropologue, a su rendre l’isolement du Paraguay, pays qui « traduit plus que tout autre le paradoxe latino-américain, la plus grande splendeur, les Utopies les plus réalisables et la plus grande misère sociale pour les autochtones et nombre de métis aujourd’hui ».

 

 

            Les représentations de l’insularité sous toute ses formes, réelles et métaphoriques telles que les comprend Eric Courthès peuvent parfois susciter des réactions polémiques, comme l’indique l’auteur dans l’Epilogue de son ouvrage, où il conclut à un multiculturalisme non intégré et à une transculturation uniquement de surface entre les paraguayens et les « néo-paraguayens ». Cette dimension ajoute à notre sens un intérêt supplémentaire à la lecture de cet ouvrage, indispensable à qui cherche à comprendre les arcanes du Paraguay.

 

                                    Jean-Marie LASSUS, Université de Nantes, CERCI, (Centre d’Etudes et de Recherches sur les Conflits d’Interprétation), http://www.univ-nantes.fr/jsp/fiches-structure.jsp

           

Acerca de eroxacourthes

French traveller, writer and translator, foolish of Latin Amarica!!!
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