“Mémoires d’écrivain, contes basés sur des récits d’Augusto Roa Bastos”, de Carolina Orlando

¡Sí que la Lujanera Bendita se merecía su traduccioncita al francés!!! Acá tienen el comienzo,está sin editar, a buen entendor pocas palabras le bastan….
 
Oui vraiment la Lujanera bénite mérite cette petite traduction en français. Voici le commencement, il n’est pas encore publié, à bon entendeur (éditeur) salut!!!!!
 
 
 
Eric Courthès (O traductor)
 
 
 
 
 
 

 

MEMOIRES D’ECRIVAIN

(Contes basés sur des récits d’Augusto Roa Bastos)

 

de Carolina Orlando,

 

traducteur, Eric Courthès 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

« Et maintenant dégage Carpincho. Prends la plume et déguerpis plus vite que ça. Je ne veux plus te revoir. Ah, attends un instant. Si tu arrives à écrire avec la plume, ne lis pas ce que tu écris. Regarde les figures blanches, grises ou noires qui tombent sur les côtés, entre les lignes et les mots. »

 

Augusto Roa Bastos, Moi le Suprême

 

                                                                                  «  Un livre où l’on se perd, où l’on ne                                                                               trouve pas toujours ce qu’on cherche et                                                                où la plupart du temps, on découvre ce qu’on                                                                n’y cherchait pas, mais qui nous attendait,                                                                              là…

                                                                       .Un livre qui nous écrit et nous réécrit…»,

 

Iker Boutin, à propos de Moi le Suprême

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR

 

 

            En 1978, je fis un voyage en France. J’avais pour objectif d’enregistrer sept écrivains latino-américains. L’un d’entre eux se nommait Augusto Roa Bastos. A la suite de plusieurs rencontres dans son appartement de la rue Van Gogh, à Toulouse, ce livre est né : une compilation de moments, transcrits à partir de sa propre voix, qu’il décida de sauver du naufrage qu’est la vie, des mémoires qu’il choisit de ne pas laisser sombrer dans l’oubli, il doit bien y avoir une raison à cela…

 

            Quelques années plus tard, nous nous sommes revus par hasard à Nanterre. A ma grande surprise, il me félicita pour la position que j’avais adoptée lors de la table ronde sur « la réalité dans la fiction » et, presque en chuchotant, il me demanda si j’avais écrit quelque chose à partir de ses récits.

 

            Bien sûr que j’ai écrit quelque chose don Roa, je vous ferai parvenir une copie de mes contes.

 

            Il les reçut en 1984. Un ami commun me fit parvenir son opinion. Il me suggérait, me dit-il, de ne jamais les publier parce que je n’avais pas su retranscrire les faits tel qu’il me les avait contés, que j’aurais pu les avoir écrit mieux que ça, que j’avais utilisé une langue trop baroque, parfois abstraite et confuse.

 

            Mon avertissement en fait c’est que le protagoniste de ces contes est en désaccord avec ceux-ci.

 

            En cherchant les causes d’une telle désapprobation, j’en finis par conclure que peut-être à l’époque l’idée de mon exil m’occupait trop l’esprit, ou que mon manque d’expérience comme écrivain mit à bas cette première oeuvre.

 

            Je n’écartais pas non plus, pour éluder ma responsabilité, la possibilité que Roa Bastos se soit laissé guider par sa volonté de ne pas révéler des histoires intimes, quelque secret ou texte dont il ne veut pas se rappeler.

 

            Cependant, je crois pour ma part que la parution de ceux-ci est indispensable, afin de démontrer comment les circonstances: des instants de vécu qui ne semblent pas laisser de traces, en firent l’écrivain génial qu’on connaît.

 

            Je laisse entre vos mains lecteur, le loisir de la critique. Afin d’étayer mon point de vue, je rajoute les notes de mon cahier qui, je le crois, éclaireront quelques uns de vos doutes. (Vous pouvez toujours vous en passer si vous n’aimez pas les premiers pas).

 

            Ce que je promets en revanche, c’est de revoir ces récits dans quelque temps. Pendant ce temps-là, je rechercherai de la documentation digne de foi et, comme preuve de mon humble condition d’apprenti permanent, je ferais cas des sages conseils d’un maître que j’ai transformé, de façon irresponsable, en Personnage de ces contes.


                                               « Les fables doivent se marier… »,

Don Quichotte de la Manche

Cahier de Notes

 

            A celui qui le trouvera :

 

            La peur détruit le corps et aujourd’hui on vit avec la peur. Mais personne ne détruira l’écriture. C’est pourquoi je laisse ces notes d’informations sur le début d’un projet qui, de par son caractère infime, ne prétend pas changer le rythme qui régit mon peuple. Régime d’oppression, de mort, d’emprisonnement ; dans un style opposé à celui de la liberté. Et j’ai lu quelque part que la littérature c’est la liberté. C’est cette liberté que j’utilise. Un jour vous écouterez Rodolfo Walsh, Conti[1]…Un jour on découvrira l’immortalité de cette liberté.

 

 

            «  …tu ne prendras pas le pouvoir avec ce poème » dit-il/ tu ne feras pas la Révolution avec ces vers » dit-il/ ni avec des milliers de vers tu la feras » dit-il/ il s’assied à sa table et écrit. »

 

            Ah Gelman[2]

 

 

 

 

 

 

            Evidemment que personne ne sait pourquoi je vais en France. Seule ma mère peut le savoir. Même pas la grand-mère qui pourrait en parler avec les voisins.

 

            Pour des raisons évidentes, je ne peux pas sortir et leur expliquer à tous qu’on nous prive d’une littérature dont on parlera encore longtemps. Je ne peux pas leur raconter que ceux qui la dirigent depuis l’exil en France m’attendent…

 

            La seule chose que je leur dis c’est : dans deux mois je vais en France, vous savez bien : les musées, le dollar bon marché, et tout ça. La nouvelle a mis le quartier en ébullition. Les gens me demandent des parfums, des tissus et des photos. Le petit voisin part en France, les entends-je chuchoter, Qui?, dit Susana, Juan le fils d’Emilia. Ah bon… Et alors Susana sed se demande ce qu’elle pourrait bien me demander. Ils insistent, tous, avec la Tour Eiffel et le Moulin Rouge. Patience. Je ne peux pas leur raconter mon projet de livre, que j’arrive d’abord à Barcelone pour me rendre ensuite à Toulouse en train. Pourquoi à Toulouse ? Qu’est ce que je pourrais bien dire ? Il vaut mieux ne pas donner d’explications. Il y a danger. Le fait de ne pas m’intéresser aux cartes postales et de surcroît, mon besoin de m’éloigner des barricades d’argentins braillards préoccupés parce que tout s’achète au double du prix : victimes (ou victimaires) de la douce monnaie[3].


 

            Maman : en supposant que je ne sois plus là et que tu trouves ces notes : fais tout ce que tu peux pour envoyer ce cahier et les sept chemises avec les questions des entrevues à Paco. J’aimerais qu’il les lise et que, s’il le juge bon, il essaie de les interviewer lui-même.

 

            (Une demande sans sentiments, n’est ce pas ? Mais ce n’est pas le moment approprié pour ça. Je n’écartai pas la possibilité qu’ils découvrent le cahier avant toi et ce serait injuste qu’ils emportent aussi mon intimité. Mes sentiments se trouveront dans une lettre. Mais c’est une autre histoire, qui te sera plus visible.)

 

            Objectifs : compléter par leurs réponses les entrevues de sept écrivains exilés. Confirmer les dates de rencontres avec les amis de paco. Appeler les autres avant le voyage pour qu’ils soient au courant de mon arrivée imminente et certaine. En plus, ils voudront sans doute connaître la situation d’autres collègues. Il me faut donc chercher des informations de bonne source, contacter ceux qui restent et les prévenir de mon départ pour qu’ils ne s’imaginent pas que je suis tombé.

 

            Ça me fera du bien de voyager. De m’éloigner pour un temps, ça dissipera les peurs. Ça fait un peu lâche, mais il se peut que dans cette faiblesse (lâcheté, peur) se cache une peu de fermeté. Les souhaits d’un lâche ?

 

            Barcelone-Toulouse-Paris. Une fois terminé le voyage, revenir en Argentine ( appel au préalable de maman pour savoir comment évolue la situation), corriger, assembler et organiser le livre. Attendre le moment opportun, comme le dit Paco. Lancement du livre « Sept conversations : échos de l’exil » ( ou quelque chose comme ça). Fin de mes objectifs. Ah…j’espère pouvoir revenir.

 

            Le premier que je vais interviewer ce sera vous, annonçai-je au nom imprimé sur la couverture de Moi le Suprême d’Augusto Roa Bastos.

 

            A cet instant précis, derrière le meuble- vitrine, je découvris une file de fourmis qui entraient par les fentes de la ventilation et parcouraient le triangle formé par le mur et la plinthe, et finissaient par monter insolentes par un pied de mon bureau. Elles chargaient sans repos les grains de sucre dispersés cette nuit dans une tentative de sucrer mon café. Tentative qui s’avéra, évidemment, mal tentée.

 

            Je les laissai poursuivre leur tâche. Loin d’interpréter ma pitié, elles se multipliaient, elles faisaient irruption dans ma tranquillité sans le moindre respect, et finissaient par me déranger. Je pris alors un morceau de tissu imbibé d’eau chaude (je ne sais pas pourquoi chaude, je supposai qu’elles mourraient plus vite ainsi) et je les chassais sans compassion. Au rythme de leur mort, je commis des dizaines d’assassinats.

 

            Mes yeux étourdis par la tuerie devinrent deux vigiles qui observaient de temps en temps les fentes. Pour me concentrer sur les mots, je décidai de retranscrire avant la dernière feuille de questions que je poserai à l’un des écrivains qui m’attend à Paris.

 

 

 


 

            Sans perdre le rythme, je lisais mes notes et je retranscrivais l’entrevue jusqu’à ce que je parvinsse aux dernières lettres du texte. Il ne restait plus qu’à ajouter le nom de Julio Cortázar. Une ultime stimulation de mes mains et ma vision s’emplit à nouveau de ces bestioles gênantes qui dévièrent les lettres sans autorisation. Je constatai, soulagé, que ce n’étaient que des illusions d’optique. J’enlevai la feuille de la machine et je la gardai dans ma chemise.

 

            Vraiment libre à présent, pour commencer à relire le roman de celui qui suit, je cachai la machine dans le tiroir du bureau, je me servis un verre d’eau fraîche et je dis au livre où apparaît le porte-plume du grand-père, c’est à ton tour maintenant.

 

 

 

 

 

            Je ne peux interrompre l’armée de fourmis qui envahit la feuille. Mes mains, attachées et soumises à la machine à écrire, ne semblent pas intéressées par le danger d’une telle invasion (une fourmi ronde vient d’ailleurs de s’immiscer). Il y en a de toutes les formes, et c’est à celle qui sera la plus noire, qui se tordra le plus. Une fourmi maigre avec son antenne orientée vers l’est vient ensuite. Une autre de la même grosseur court et s’arrête arrive après mais elle est plus grande, on dirait une aiguille, et ces antennes, une de chaque côté, poussent la précédente vers l’avant. Elles arrivent très vite, elles sautent violemment et quelques unes échappent à ma vue. Ici, ici et les voilà déjà sur la feuille… Elles tachent le papier et chacune occupe sa place derrière l’autre (une autre et encore une autre). Mes mains se relâchent et elles cessent de rentrer, elles n’envahissent plus, elles ne crient plus. La dernière est encore une de celles dont l’antenne est orientée à l’est.

 

            Avec précaution, je soutiens le papier par son extrémité supérieure, je fais tourner le rouleau et je tire. Les petites fourmis restent à leur place, elles attendent des réponses à leurs questions en France.

 

            La feuille, impeccable, s’emplit de lettres.

 

 

 

 

 

 

 

 

            Le cristal et l’insipide liquide jouent. Les lettres de la couverture augmentent et aussi la taille d’une figure qui, à cause de l’ondulation du verre, semble sans visage. Je le déplce de son centre.

 

 

 


 

            J’enlève du milieu la barrière d’eau. La figure est toujours déplacée. C’est ainsi que comprit le Suprême Dictateur Carlos Alonso[4] : corps sans visage, figure qui observe à travers son contour obscur et vide, des yeux attentifs, un regard sévère, qui me menace, qui semble parler. Il vous faut bien saisir que vous devez en finir avec les métaphores, me dit-il, que vous les aplatissiez ou que vous les disiez à vois haute, continue-t’ il. J’ouvre le livre et il se tait. Une fois à l’intérieur, je ne vois plus le dessin.

 

 

 

 

 

 

 

            Le roman[5] se résume plus ou moins à ça : le Suprême fut un dictateur du Paraguay avec une autorité, évidemment, Suprême. Son nom : José Gaspar Rodríguez de Francia. Les opinions sont diverses, opposées. Je vous renvoie à ces deux informations :

 

                        « Les paraguayens virent un homme qui ayant convoqué et réuni en Congrès les habitants de la Province, présida celui-ci et se fit proclamer par ses partisans : Suprême Dictateur Perpétuelle de la République du Paraguay », se prévalant de l’ignorance des paraguayens, qui ne connaissaient même pas l’autorité sans limites de la dictature ; et que le fait de donner à un citoyen dans une République une autorité illimitée est le plus grand de tous les maux (…) Il commença par devenir un despote, dégénérant ensuite en tyran et bourreau de ses sujets : et s’imaginant tout d’un coup que la dignité épiscopale lui faisait de l’ombre et s’offusquait de sa dictature, s’ingénia à persécuter l’Evêque et finit par le faire empoisonner…. » (Molas, Mariano Antonio, Description historique de l’antique Province du Paraguay, Editions princeps, 1868, troisième édition, Asunción, NIZZA, 1957, chapitre V : « La dictature »).

 

 

 


 

                        «  Une fois aboli l’empire des prêtres et l’inquisition, des idées plus saines prirent la place des anciennes préoccupations. Comme depuis le début de la révolution l’introduction de livres fut libre, le goût pour la littérature commença à se généraliser, et partant de l’instruction, tout au moins parmi les jeunes. (…) Enfin, la présence des étrangers, détenus depuis des années dans la capitale, contribua à une meilleure divulgation du progrès et on adopta des coutumes plus en accorc avec notre siècle. Il convient de remarquer que les femmes ont manifesté une plus grande disposition à l’instruction que les hommes. (….) Il est d’ailleurs bien évident qu’ayant mis le pays  sur le pied de guerre, l’ayant rendu capable de se faire respecter de ses voisins, et puisqu’il avait de l’ordre dans les finances publiques, cette homme a montré à ses compatriotes qu’ils pouvaient obtenir leur indépendance. » (Longchamp, M. ; Rengger, J.R., « Ensayo histórico sobre la revolución del Paraguay y el gobierno dictatorial del Doctor Francia, traduit du français par Florencio Varela, Montevideo, in Comercio del Plata, 1846, p. 201).

 

 

            Il faudrait peut-être mélanger ces opinions et il se peut qu’il en sorte quelque chose de bon. C’est à peu près ce que fit Augusto Roa Bastos longtemps après, qui, en s’attribuant le nom de Compilateur, rassembla des données ; des cahiers de notes personnelles, des lettres et des objets pour refaire l’histoire et la raconter autrement. C’est cette histoire-là que nous parcourons pendant 460 pages. A travers celles-ci, l’auteur nous parle, communique avec le lecteur et la force vitale du personnage nous hallucine.

 

            J’ai cru comprendre cependant, que tout le monde n’est pas convaincu par cette histoire compilée avec des fragments analogues ; tout le monde ne peut écarter la réalité quand il s’agit de lire de la fiction. Ce n’est pas facile. Peut-être en suis-je aussi incapable.

 

 

 

 

 

 

            Reprendre la lecture demain à la page 214, où l’on explique les détails du porte-plumes. Mon porte-plumes, Compilateur.

 

 

                        «  Que celui qui éprouve le moindre doute se rende chez moi et me demande de lui montrer. Elles est là sur ma table qui me regarde sans cesse…( Moi le Suprême, p. 214)

 

 

            Bien entendu que j’éprouve un doute, Monsieur le Compilateur ! Vous m’assurez que vous possédez la même «  plume souvenir » ou « plume mémoire » que celle-ci, qui se trouve actuellement enfermée dans le meuble-vitrine de mon arrière-grand-mère.


 

            Inexplicable coïncidence. Vous ne pensiez sûrement pas que le véritable propriétaire de la plume, pourrait, un jour ou l’autre, se pencher sur ces lignes trompeuses. Tu vas faire ma connaissance à Toulouse, Compilateur !

 

 

 

 


[1] Rodolfo Walsh et Haroldo Conti, deux écrivains argentins engagés des années 70, éliminés par la Dictature Militaire.

 

[2] Poète argentin, (Buenos Aires : 1930), témoin et dénonciateur de la dictature argentine (1976-1983).

 

[3] Ce texte est daté de Toulouse, mars 1978, c’est en tout cas la date choisie pour l’interview apocryphe de Roa Bastos, en son domicile de la rue Van Gogh, on peut donc situer cette allusion à la crise économique et à un des ses corollaires, l’inflation, à début 1978.

 

[4] Le narrateur, Juan, fait allusion à l’illustrateur argentin de la première édition de Moi le Suprême, qui fait effectivement apparaître une barrière d’eau dans la partie supérieure du dessin*a, et joue sur le déplacement du visage du Suprême absent d’un buste à la tête privée de visage, celui étant placé en retrait et observant son propre vide…Au verso le même visage restitué à son unité et l’air furibond surplombe un buste dont la main droite griffue soutient une calebasse à mate. Toute l’ubiquité de l’homme de pouvoir est là, celui-ci fut en feft tour à tour, républicain, adepte des Lumières, socialiste pou l’éducation et la santé et complètement fasciste, pardonnez-moi l’anachronisme, pour le droit d’expression…Toute ressemblance avec un dictateur insulaire actuelle serait évidemment fortuite…Cf. L’ insule paraguayenne, Eric Courthès, Paris, Editions Le Manuscrit mars 2006.

 

*a. Serait ce là une allusion à l’insularité du Paraguay, une vision de la baie d’Asunción observable depuis son palais, difficile de répondre…

 

[5] Il est risqué de qualifier de roman une ouvre textuellement si peu conventionnelle, un monologue dialogqiue de 500 pages, une plongée dans la cervelle ravagée du Suprême, que le Compilateur conclut magistralement, en affirmant que l’histoire qu’on a lue n’a pas été racontée…Une suprême leçon narrative…

 

Acerca de eroxacourthes

French traveller, writer and translator, foolish of Latin Amarica!!!
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