“Présence guaraní dans “Hijo de hombre””, Eric Courthès, CRIIA, Crisol n°5, Paris X, 2001

 

 

 

 

 

 

PRESENCE GUARANí DANS

 

 

 

HIJO DE HOMBRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                     Eric COURTHES

Université de

Paris X NANTERRE, CRIIA,

Crisol n°5, 2001

 


 

I)                    LA SITUATION LINGUISTIQUE DU PARAGUAY

IA) DIGLOSE OU BILINGUISME?

 

A l’échelle du continent américain, le Paraguay est le pays où la langue autochtone, le guaraní, est sans nul doute la plus vivace: 95% de la population en 1995, soit 4.648.000 locuteurs parlaient cette langue, sans compter 50.000 locuteurs d’autres dialectes du tupi guaraní, tels que le chiriguano: 2.000, le chiripá: 7.000 et le mbyá: 7.000, ou du domaine mataco, tel que le chulupí: 18000 *1

Ce chiffre se maintient depuis un demi-siècle: 93,4% en 1950 et 93,5% en 1962 (Corvalán, 1982), quant au taux de bilingues guaraní / espagnol, il était de 53,3% en 1950, 48,4% en 1962, et l’on peut supposer qu’il avoisine aujourd’hui les 45%, puisque 50% de la population est encore monolingue en guaraní.*2

            On a donc affaire à un pays partagé en deux, où seulement 2,2% de la population est monolingue en espagnol: 110.000 locuteurs *3, cependant celui-ci reste dominant dans le système éducatif et dans le monde des médias, même si la part consacrée à la langue indigène est en croissance constante dans ces deux secteurs, (Granda, 1980). D’où l’emploi du concept de diglose par certains auteurs (Meliá, 1973), pour dire la subordination de la langue indigène à celle du Conquérant, qu’il nuancera plus tard en déclarant qu’il ne s’agit ni de bilinguisme ni de diglose (Meliá, 1982).

            La position la plus avancée en la matière nous semble être celle de Germán de Granda (1982, p703), qui caractérise la situation bipolaire du Paraguay de la façon suivante:

           

            "…situación dinámica bipolar en la que, en función de variables sociolingüísticas dan lugar, en cada circunstancia, a que, dependiendo de la presencia, ausencia o proporcionalidad relativa de valores conexos con las categorías de poder (comportamientos pragmáticos, convencionales, oficiales o fuertemente culturizados) y de solidaridad (comportamientos afectivos, personalizados, informales y socialmente cohesivos), alternen,como variantes lingüísticas H (high) y L (low), el español y el guaraní de manera muy fluida y altamente oscilante lo que, a mi parecer, no permite, sin generalización indebida, aplicar a una modalidad de bilingüismo como la aquí esbozada la etiqueta de diglósica…"

 

            Le guaraní serait donc la langue de la solidarité alors que l’espagnol serait celle du pouvoir, Bartomeu Meliá (1982, p110) va plus loin encore dans cette distinction:

           

            " El guaraní es naturaleza, verbo puro, poesía fósil. El español es historia, código y látigo. El guaraní es la edad de oro del hombre, el paraíso perdido. El español, hierro y bronce, "valle de lágrimas"."

 

1 http://www.sil.org/ethnologue/countries/Para.html

2 idem

3 idem

 

 

Nous n’entrerons pas ici dans des considérations qui dépassent de loin notre propos, il nous semble cependant que la distinction entre diglose et bilinguisme faite par Giorgio Raimondo Cardona (1991, p84), est tout à fait claire:

 

            " la diglosia pertenece a la comunidad, el bilingüismo al individuo…"

 

            La situation linguistique de la communauté paraguayenne serait donc diglosique, alors que les individus qui la composent sont bilingues pour la moitié d’entre eux.

 

            IB) LE BILINGUISME D’AUGUSTO ROA BASTOS

 

            L’auteur passa les premières années de son enfance (1918-1925), à Iturbe, dans le département de Guairá, au sud de Villarrica, à environ 200 km à l’est d’ Asunción, l’un des bastions de la langue guaraní. En effet, lors du recensement de 1962, 66,1% des personnes interrogées déclarèrent être monolingues dans la langue indigène, seul le département de San Pedro, au sud de Concepción, en recensait plus: 68,1%( Meliá, 1982).

            Issu d’une famille d’origine aisée, la situation sociale de son père, ex- séminariste, changea brutalement avec le déménagement à Iturbe, de fait, celui-ci accepta un modeste emploi administratif dans une raffinerie de sucre, où il était sous payé. Il s’agit là d’une première fracture pour l’auteur, d’ordre social, la seconde fut d’ordre linguistique, ses petits compagnons à l’école étaient soit bilingues, environ un tiers, soit monolingues guaraní, il dut donc se confronter à cette langue, inconnue pour lui au départ, que son père lui interdit de plus de parler.

            L’auteur nous déclara ,lors d’une entrevue à son domicile, le 6 septembre 2000, qu’il s’agit pour lui de la cueillette du " fruit défendu", qui passa par une véritable transgression des règles sévères de l’ex séminariste, dont on peut avoir un aperçu dans Contravida, une révolte face à une éducation paternelle déplacée dans le contexte rural et bilingue de Guairá (Paco Tovar, 1990):

 

                        "yo me encontré, en lugar del castellano y del guaraní, con el latín y el griego, que no me servían para nada a mí.

            L’apprentissage de la langue indigène se fit donc en cachette, à l’insu du père et sans doute de façon superficielle par rapport à ses compagnons de classe. On peut donc supposer que dans le cas de Roa Bastos, le bilinguisme est de type "subordonné" (Weinreich, 1956), puisque non pratiqué dans le milieu familial où l’espagnol régnait en maître. Ce qui explique sans doute que dans la première version de l’œuvre qui nous occupe, l’éditeur ait invité l’auteur à laisser plus de place au guaraní par souci d’authenticité *1:

            " Resulta que ha habido dos versiones, contando el borrador inicial donde justamente me criticaron mucho no había palabras en guaraní. Entonces, me empeñé en ser más auténtico."                                                                     

            En effet, Hijo de hombre, a pour cadre le département de Guairá, essentiellement Sapucai et Itapé, tout proches d’Iturbe, et l’on peut supposer que le taux de monolingues guaraní et partant, d’influences sur l’espagnol paraguayen de cette région, était très important.L’ auteur n’hésite d’ailleurs pas à dire qu’il est né deux fois, tout comme le vieux Macario (H.D.H*1, 1990, Note, p17), une fois à Asunción, le 13 juin 1917, et une seconde fois à Iturbe, où il arriva l’année suivante.

*1: communication personnelle du 06/09/00; les initiales désignent l’œuvre entière, le premier chapitre éponyme, sera écrit en toutes lettres.


            Dans la célèbre note de l’auteur de 1982, faite à Toulouse, c’est à une seconde naissance de l’œuvre qu’il nous invite, respectant en cela la " poética de las variaciones." (H.D.H, Note, p17).

            Cette bivalence de l’auteur et de ses personnages est surtout présente dans l’œuvre, partagée entre oralité guaraní et écriture espagnole, cette problématique est l’objet de la note toulousaine, comme si treize années plus tard, l’auteur s’était révélé et transformé grâce à elle: (H.D.H, note p15)

           

            " Es un texto en que el escritor no piensa, pero que lo piensa a él."

 

            Selon Roa Bastos, ce discours guaraní, ce texte non écrit, est sous-jacent à tout acte d’écriture en espagnol au Paraguay, il contraint l’auteur, encore plus sûrement que l’éditeur, à l’intégrer dans son écriture qui devient ainsi oralité. Le texte indigène non formulé pense l’auteur, qui deviendrait ainsi une "métaphore de la langue au Paraguay." (Meliá, 1995, p102). En aucun cas, l’auteur ne peut être une métaphore, mais son œuvre est sans nul doute une transposition de la réalité bilingue du Paraguay, une projection dans l’écriture d’une oralité non formulée:

 

 "…la fusión o imbricación de los dos hemisferios lingüísticos de la cultura paraguaya en la expresión de la lengua literaria de sus narradores y poetas." (H.D.H, note, p16)

 

            Il aurait pu donc écrire en jopará*1, ou en espagnol paraguayen parlé, c’est le cas dans de nombreux dialogues. Cependant la plupart des récits le sont dans un espagnol standard, cette tentative de fusion va donc bien au delà du lexique, de la syntaxe ou de la sémantique de l’œuvre (H.D.H, note, p16), elle implique une métamorphose constante de l’auteur et de son œuvre, qui se restructurent en palimpsestes successifs, au fil du temps, d’où l’importance de la citation de W.B Yeats, en exergue:

           

            "Cuando retoco mis obras, es a mí a quien retoco."

 

            Quelle changement radical donc entre les premières recommandations de l’éditeur et la transposition du bilinguisme dans une œuvre, voire de la diglose! Selon Meliá, (1995, p102) le christ lépreux qui ne peut entrer à l’église est porteur de cette langue du peuple, le guaraní, qui est subordonnée au castillan, tout comme les cultes syncrétiques le sont à l’église officielle, il est donc la métaphore de la diglose:

                        " A lo que Roa Bastos llama particularidades de la condición bilingüe, yo lo llamaría, con una expresión que viene de la sociolingüistica, fenómenos de diglosia. Es en la diglosia donde está su "lucha hasta el alba" en una noche que todavía no ha amanecido, y en la diglosia está también este hijo de hombre portador profético de este lenguaje del pueblo que no puede entrar en la iglesia…"

*1 le jopará ou guarañol est une forme de guaraní, mâtiné d’emprunts et de calques sur l’espagnol, il est la langue du quotidien et de la rue, pratiqué par 90% des locuteurs à Asunción et aux alentours. Selon Roa Bastos et Meliá (1982, p161), il est la troisième langue du Paraguay et s’imposera aux deux premières dans l’avenir.


            De plus, le peuple guaraní est une civilisation du verbe, du mot, du discours, selon le grand ethnologue paraguayen León Cadogan (1959, p50), il n’est donc guère étonnant que l’auteur choisisse l’hymne des morts des guaranís comme exergue:

 

            "…He de hacer que la voz vuelva a fluir por los huesos…

            Y haré que vuelva a encarnarse el habla…

            Después que se pierda este tiempo y un nuevo tiempo amanezca…"

 

            Roa Bastos, tout comme l’homme guaraní, naît et renaît à travers la parole,

qu’il transpose dans l’écriture, qui se veut la projection d’une réalité bilingue, qui transcende son œuvre toute entière, et dont il devient l’instrument.

            Mais au delà de ces considérations, somme toute théoriques, nous allons voir à présent comment l’oralité guaraní parcourt Hijo de hombre, à travers l’étude concrète de l’onomastique indigène tout d’abord, puis de la toponymie et enfin des différents emprunts et calques qui apparaissent tout au long du livre et en modifient très certainement la lecture et l’interprétation.

 

II)                   ONOMASTIQUE GUARANÍ

 

On dénombre en tout vingt et un hypocoristiques guaraní ou dérivés de cette langue dans les dix chapitres de l’œuvre, le premier chapitre: Hijo de hombre et le huitième Madera quemada sont de loin les plus riches, avec cinq emprunts chacun. Nous n’allons pas tous les répertorier mais nous allons nous arrêter sur ceux qui nous paraissent les plus porteurs de sens.

Dans le premier chapitre, à la première page (Hijo de hombre, p21), les jumeaux Goiburú, en poursuivant Macario, l’appellent Pitogüé qui signifie ‘pique-bœuf’ en guaraní, faisant allusion sans doute à sa petite taille: "la diminuta figura." (Hijo de hombre, p22). En effet, n’oublions pas que le vieux Macario, tout comme la grand-mère dominante de Cien años de Soledad: Úrsula, voit sa taille diminuer à l’approche de la mort et qu’on l’enterre dans un "cajón de criatura.", détail qui clôt le premier chapitre.

La petite taille des personnages est récurrente dans l’œuvre de Roa Bastos, le vieux Macario et son cercueil de mort-né réapparaissent dans Yo el Supremo, le vieux Gaspar de Contravida est un nonnat: "nonato" minuscule qui converse avec son cordon ombilical conservé comme une relique. Comme l’auteur et l’homme guaraní, ils naissent tous deux fois, on comprend mieux alors la citation de Macario (Hijo de hombre, p56):

 

             "Porque el hombre, mis hijos -decía repitiendo casi las mismas palabras de Gaspar-, tiene dos nacimientos. Uno al nacer, otro al morir…"

            Mais l’intérêt de cet hypocoristique ne s’arrête pas là, on constate de fait que les noms d’oiseaux en guaraní réapparaissent dans l’œuvre et qu’ils sont à chaque fois porteurs de sens. Dans Madera quemada par exemble, p381, le fils de Crisanto Villalba, ex-combattant de la guerre du Chaco, lui même appelé Joco<hoco: héron par ses compagnons d’infortune, se nomme Cuchuí, qui signifie ‘perroquet’. C’est selon toute vraisemblance, cet enfant naturel de Melitón Isasi qui met fin aux jours de Miguel Vera, le faisant naître lui aussi deux fois, du fait qu’à sa mort, l’auteur lui donne une existence hétéronymique:

            " Así concluye el manuscrito de Miguel Vera." (Ex Combatientes, p411)


            Quant à ceux qui font renaître Melitón Isasi sur la croix, en lui faisant expier ses fautes, les jumeaux Goiburú, ils sont étrangement qualifiés de "mellizos Yrivú" par la sœur Micaela dans Madera quemada, (p374), ce patronyme guaraní signifie ‘corbeau’, oiseaux de mauvais augure s’il en est, qui tournent autour de la croix de Kurupí , (Ex Combatientes, p390):

 

            " …las sombras de los yrybúes ya empezaban a revolar."

           

            En ce qui concerne cette altération euphonique du patronyme basque Goiburú en Yrivú, on peut parler d’étrangeté, par rapport à la conscience que l’auteur en a. Il ne s’en souvenait tout simplement pas, quand nous lui en avons parlé, par contre ce dont il se rappela en esquissant un sourire complice, c’est que de nombreux personnages avaient des noms d’oiseaux guaraní*1.

            Mais revenons en au chef politique d’ Itapé, pendant la guerre du Chaco, Melitón Isasí est vite appelé par les habitants du village: Kurupí, terme qui désigne en guaraní, une déité au phallus géant, qui a coutume d’enlever les jeunes filles, la nuit ou à l’heure de la sieste. C’est exactement l’attitude de Melitón Isasi pendant son investiture, n’oublions pas en effet, qu’il est le père naturel de Cuchuí, pour avoir séduit Juana Rosa, l’épouse de Crisanto Villalba, elle-même fille de María Rosa, la chipera de Gaspar Mora, autrement baptisée: "la loca de Carovení," ( Madera quemada, p368). C’est encore lui qui enlève Felicitas Goiburú, la sœur des terribles jumeaux, quand ses frères reviennent, pour la faire accoucher à Borja, après avoir tout tenter pour la faire avorter.

            L’auteur a donc contribué à la réécriture d’un mythe guaraní, l’un des plus enracinés, puisque Ambrosetti le met en relation avec un autre être légendaire: Yasí Yateré, capable des mêmes performances, qui serait à l’origine le Jakarendy des aché-guayakí, selon León Cadogan ( Colombres, 1986, p50 et p102). De la même façon, les jumeaux Goiburú sont une transposition des jumeaux fondateurs de la culture guaraní. On comprend mieux alors le discours préliminaire de l’auteur qui parvient effectivement à faire fusionner l’oralité du mythe guaraní et l’écriture espagnole dans son œuvre, en faisant ainsi une métaphore de la culture mixte paraguayenne.

Au-delà des mythes, il y des hommes dans H.D.H, tel ce Casiano Amoité dont le wagon avance sans cesse vers le monte, alias Casiano Jara, survivant improbable de l’explosion du train des montoneros à Sapucai*2 et du yerbal. Ce patronyme se compose en guaraní du lexème base: amó-: adverbe de lieu: "allí, allá" (Jover Peralta, 1984, p6) et du suffixe de superlatif -ite (allomorphes: ete, eterei, etei): "muy" (Guasch, 1996, p92), il signifie littéralement ‘muy allá’, donc ‘más allá’. Cet aspect onomastique est d’ailleurs nettement exploité par l’auteur, car tant le personnage que son wagon semblent être d’extraordinaires franchisseurs de limites, (Hogar, p188):

 

            "Un nombre cambiado a medias, como devorado también a medias por el verdín del olvido, con ese Amoité en lugar de Jara, que designaba en lengua india lo que era distante, no ya la lejanía solamente, sino lo que estaba más allá del límite de la visión y de la voluntad en el espacio y en el tiempo."

 

*1 communication personnelle du 06/09/00

*2 explosion purement fictive, malgré toutes les apparences de réalité que lui donnent l’auteur, pas mal pour un écrivain qui se dit dénué d’imagination: "Para eso, que yo tengo poca imaginación."*1.


         Le plus grand de tous ces hommes, c’est évidemment le karaí guasú, "hombre principal, gran señor, encopetado, linajudo." (GUASCH, 1998, p599), le terrible doctor Francia, personnage fondateur de Yo El Supremo, qui se découpe imposant dans les rêves de Miguel Vera enfant, mythifié par la vision exaltée que lui en donne le conteur Macario (Hijo de hombre, p27):

 

……   "El Supremo se recortaba imponente ante nosotros contra un fondo de cielos y noches, vigilando el país con el rigor implacable de su voluntad y un poder omnímodo como el destino."

 

         Un personnage ambiguë, qui provoque chez le lecteur et chez les auditeurs de Macario une réaction d’attraction et de répulsion à la fois. Il n’est qu’une ombre fantasmagorique dans H.D.H, mais sa présence transcende l’œuvre (Hijo de hombre, p27):

 

         " Y nosotros también nos agitábamos en una pesadilla que no podía, sin embargo, hacernos odiar la sombra del Karaí Guasú."

 

          Et il reste tous les autres hommes et femmes de l’œuvre, dont les noms ont subi aussi l’influence indigène, on remarque une série d’hypocoristiques qui sont des apocopes de prénoms ou de substantifs espagnols altérés par la langue indigène, Paí Maíz<Padre ( Hijo de hombre, p 52 et 55), Taní Caceré < Estanislao (Madera y Carne, p77),Kitó<Kiritó<Cristóbal Jara ( Hogar, p170), Luchí<Luciano ( Fiesta, p207), et surtout Saluí<Salustiana (Misión, p307,p312), rebaptisée "Pequeña-salud" par les hommes du camp, qui héritent tous de la syphilis, et qui atteint des sommets d’amour et de courage avec Cristóbal Jara.Il peut s’agir exceptionnellement d’un renforcement du signifiant, comme dans Kurusú<Cruz, le terrible capataz borgne du yerbal, alias Juan Cruz Chaparro ( Exodo, p125). Enfin, on trouve la superposition par euphonie de deux noms de dieux, exploitée par les missionnaires jésuites pour évangéliser les indiens et reprise à son compte par l’auteur: Zumé<Tomás ( Madera y Carne, p78), ( Exodo, p129): "¡ Oú Santo Tomás! Oú Paí Zumé!."

                                                 

            On voit donc en substance que l’onomastique indigène permet à l’auteur de laisser affleurer dans l’œuvre "el discurso oral informulado" guaraní (nota, p15), à travers ses mythes Kurupí, Zumé. En utilisant le lexique ornithologique indigène, il caractérise et ancre dans cette culture ses personnages: Pitogué, Cuchuí, Joco, Yrivú, celle-ci contribue enfin à renforcer leur dimension romanesque, dans le cas du Karaí Guasú, ou à en préciser la psychologie dans celui de Casiano Amoité.


            III) TOPONYMIE GUARANÍ

 

Acerca de eroxacourthes

French traveller, writer and translator, foolish of Latin Amarica!!!
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