AIMÉ BONPLAND : LE GRAND BOTANISTE ROCHELAIS OUBLIÉ ET DEPOSSEDÉ DE SES DECOUVERTES Éric Courthès, LIRA-ERIMIT, Université de RENNES II

MY BONPLAND FOR EVER…

EN MEMORIA DE MI AMIGO AUGUSTO ROA BASTOS

AIMÉBONPLAND :

LE GRAND BOTANISTE

ROCHELAIS OUBLIÉ

ET DEPOSSEDÉ

DE SES DECOUVERTES

Éric Courthès,

LIRA-ERIMIT, Université de RENNES II

Je me souviens parfaitement de ce « moment magique sans temps », tel que l’aurait décrit mon Maître et Ami : Augusto Roa Bastos ; j’étais en train de relire, de parcourir, à l’aventure, comme il sied, les pages fabuleuses de son œuvre majeure : Moi, le Suprême[1], quand tout d’un coup, Il surgit là, d’une note de bas de page : « Aimé, Jacques , Alexandre Goujaud-Bonpland, né à la Rochelle le 29 août 1773, et mort à Corrientes, deux fois, le 10 et le 11 mai 1858. »

On peut naître deux fois, comme le Prix Cervantès 1989, -potentiellement nobélisable[2] et dont on vient de fêter le centenaire de la naissance en 2017-, une fois à Asunción en 1917, et l’autre à Iturbe, un village bilingue espagnol-guarani, où il passa une…

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AIMÉ BONPLAND : LE GRAND BOTANISTE ROCHELAIS OUBLIÉ ET DEPOSSEDÉ DE SES DECOUVERTES Éric Courthès, LIRA-ERIMIT, Université de RENNES II

ROA POR JUAN DE DIOS

AIMÉ BONPLAND :

LE GRAND BOTANISTE

ROCHELAIS OUBLIÉ

ET DEPOSSEDÉ

DE SES DECOUVERTES

Éric Courthès,

LIRA-ERIMIT, Université de RENNES II

Je me souviens parfaitement de ce « moment magique sans temps », tel que l’aurait décrit mon Maître et Ami : Augusto Roa Bastos ; j’étais en train de relire, de parcourir, à l’aventure, comme il sied, les pages fabuleuses de son œuvre majeure : Moi, le Suprême[1], quand tout d’un coup, Il surgit là, d’une note de bas de page : « Aimé, Jacques , Alexandre Goujaud-Bonpland, né à la Rochelle le 29 août 1773, et mort à Corrientes, deux fois, le 10 et le 11 mai 1858. »

On peut naître deux fois, comme le Prix Cervantès 1989, -potentiellement nobélisable[2] et dont on vient de fêter le centenaire de la naissance en 2017-, une fois à Asunción en 1917, et l’autre à Iturbe, un village bilingue espagnol-guarani, où il passa une grande partie de son enfance- , mais il s’avère plus difficile de mourir deux fois…

Cet « exploit », un de plus, fut réalisé par Bonpland, malgré lui, de fait, alors qu’on l’avait embaumé tel un pharaon, à Corrientes, dans le Nord-Est Argentin, son beau-frère, totalement ivre, vint parachever à sa façon le travail biologique, lors d’une veillée funèbre, en transperçant à de multiples reprises son illustre corps, à coups de machette[3]

Je me suis alors immédiatement identifié avec le Bon Plan charentais, car il faut ajouter à ses racines aunisiennes et saintongeaises, deux autres identités : la paraguayenne, puisqu’il fut confiné 10 années dans ce pays par son « Dictateur Suprême et Perpétuel » : le célèbre Docteur Francia, le Personnage-Auteur de Moi, le Suprême, et l’Argentine, puisqu’il passa les 27 dernières années de sa vie dans la Province de Corrientes, et que pour ma part, je fus marié 20 ans à une argentine de Tucumán et que je ne compte plus mes voyages au Paraguay -depuis le 6 septembre 2000[4] à aujourd’hui -, ma Terre Promise, mon Lieu pour Mourir : Manorá, en guarani …

Ensuite, de 2007 à 2010, après de multiples lectures et voyages : en Argentine et au Paraguay mais aussi en Allemagne et en Charente-Maritime, sur les traces de mon Bonpland, après avoir rencontré nombre de ses descendants argentins et établi avec certains une solide et durable amitié,  je pus enfin publier mon premier roman, à presque 50 ans: Le voyage sans retour d’Aimé Bonpland, explorateur rochelais[5], et enfin, après avoir rédigé de nombreux articles sur Lui, le présenter dans de nombreux pays : au Paraguay, en Argentine, en France, à Tahiti, et enfin en Australie.

Néanmoins, et pour tout vous dire, ces mémoires apocryphes du Grand Explorateur Rochelais ne m’ont pas permis de m’appesantir sur l’aspect botanique de sa bibliographie, de fait, il s’agissait de le ressusciter tel un Personnage de Fiction, qui prendrait la plume pour s’écrire et dicter son Livre à son Auteur, qui passe ainsi au rang de simple Compilateur, tel que Roa Bastos avec son Suprême ; d’aucuns parlèrent de « métempsychose », et en effet, ce Personnage hors pair fit « mourir » l’auteur que je suis, dans une perspective Barthienne. ..

Mais il n’est pas trop tard pour remédier à cette lacune, tel que me le suggère mon Ami, l’éternel Enseignant-Chercheur Olivier Sigaut, -Grand Ragondin Pourfendeur de promoteurs en zones humides et Défenseur Acharné de Dame Angélique s’il en est-, ce que je vais m’empresser de faire maintenant, en quelques lignes, en commençant par son impressionnant travail de botaniste, en compagnie de Humboldt, lors des Voyages aux régions équinoxiales du Nouveau Continent[6], pendant lesquels ils parcoururent pendant 5 ans une grande partie de l’Amérique Latine, tels de nouveaux Argonautes, en répertoriant et en identifiant tous les végétaux et minéraux qu’ils découvrirent sur leur passage, procédant de la sorte à une nouvelle Mesure du Monde[7], telle que l’a suggérée Daniel Kehlmann, sans oublier les aspects sociopolitiques, économiques et même ethnologiques des régions parcourues, en écornant au passage le système colonial et en condamnant sans réserve l’esclavage…

On constate donc d’emblée que Bonpland est un génial botaniste de terrain, un voyageur toujours en mouvement, -porteur de surcroît de l’Esprit des Lumières et inspirateur indéfectible de l’Indépendance de ce continent avec son inséparable double et co-auteur Humboldt-, mais qu’il est en quelque sorte dépouillé de la paternité de ses découvertes, pris qu’il est par le Démon du Voyage, tout d’abord par Carl Ludwig Wildenow[8], pour  le début de l’œuvre citée précédemment[9], et Géographie des plantes équinoxiales, puis ensuite par Karl Sigismund Kunth, pour la rédaction des sept tomes monumentaux de Nova genera et species plantarum[10].

Et il est encore dépossédé de son œuvre majeure par John Lindley en 1837, à la suite de la romantique affaire de la Victoria regia, Yrupé[11] en guarani. En effet, Bonpland en fit la description en 1825, alors qu’il se trouvait assigné à résidence dans les Missions paraguayennes par le terrible Docteur Francia, -un fanatique local de Robespierre et Bonaparte, Docteur en Théologie, pour ne rien gâcher, qui crut pendant les 26 ans de sa dictature incarner à Lui Seul  sa Nation-, il ne put donc publier ses découvertes, or, celle-ci est de taille, car il s’agit à l’époque d’une espèce complètement inconnue de nénuphars géants[12].

yrupé florido

 

Mais au-delà de ces considérations préliminaires, il convient de rappeler que tout au long de ses multiples vies et voyages, il ne cessa d’envoyer des plantes au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, où l’on peut encore contempler nombre de ses herbiers[13] ; les chiffres les plus astronomiques circulent en la matière, mais en 63 ans d’activités de botaniste ininterrompues, d’aucuns estiment à 30 000 le nombre de plantes envoyées par Bonpland, parmi lesquelles 6 000 auraient été inconnues à l’époque…

Mais pour mieux appréhender  la grandeur de la figure de botaniste de Bonpland, c’est à Joséphine de Beauharnais qu’il faut faire appel, il fut en effet l’Intendant de ses magnifiques Jardins de la Malmaison, dans lesquels l’Impératrice acclimatait des plantes tropicales en provenance des quatre coins de la planète, sous des serres chauffées au charbon, aux frais de Napoléon et de l’Empire, -il publia d’ailleurs un ouvrage à ce sujet : Description des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre- , et que tous les grands de ce monde, tel le Tsar Alexandre Premier, venaient visiter de toute l’Europe, symbole de la magnificence de l’Empire à ses débuts s’il en est. Car, en cette période, Bonpland non seulement vécut une grande histoire d’Amour avec Adeline Boyer, la gouvernante de la Rose Antillaise, mais beaucoup supposent aussi qu’il le connut avec Joséphine, tout au moins de façon platonique, car la belle créole martiniquaise était une experte en plantes tropicales, et leur passion pour les plantes, ainsi que leurs entreprises communes, les mena vers une complicité extrême. À tel point que celui qui fut le premier à la serrer dans ses bras sur son lit de mort, à la suite d’une fluxion de poitrine en 1814, ce fut notre botaniste charentais, et non pas l’Empereur corse qui l’avait délaissée en 1809, pour Marie-Louise d’Autriche, car elle ne pouvait pas lui donner d’héritiers …

Mais pour continuer en beauté avec cette passion des plantes qui animait notre charentais dromomaniaque, amoureux invétéré des jolies femmes et des intrigues politiques, à la fois en France, en Argentine et au Brésil, il convient de rappeler ce qui lui arriva en arrivant à Buenos Aires, en 1817. Bonpland était franc-maçon, et il recevait en son domicile de Buenos Aires d’autres français qui auraient conspiré contre le président argentin : Juan Martín de Pueyrredón y O’Dogan, et il fut à deux doigts d’être emprisonné à ce moment-là. Il a alors l’idée de remonter le Río de La Plata vers le nord, en direction du Paraná, et il découvre dans l’île de Martín García des plants de maté, la fameuse infusion du  Paraguay : ilex paraguariensis, bien en dessous de leur aire d’extension habituelle. Il ramène alors des graines dans sa Quinta de los Sauces, à Buenos Aires, et redécouvre le secret de leur germination, jalousement gardé par les Jésuites. Ceux-ci les faisaient germer grâce à la fiente de dindons ou de toucans, dont l’acidité permet d’éliminer l’écorce qui les entoure, et Bonpland y parvint en les laissant tremper dans un bain de potasse. Il a alors l’idée géniale de partir dans les Missions argentines, et de réhabiliter une Mission jésuite à Santa Ana, près de Candelaria, mais en 1821, le Docteur Francia qui considérait les Missions argentines comme territoire paraguayen et voulait conserver le monopole de la production de la dite plante, et qui, de plus, soupçonnait Bonpland d’être un espion à la solde de l’Angleterre, -qui à l’époque occupa l’embouchure du Río de la Plata, et surtout de la France, qui envoya même l’Amiral Dupotez en expédition jusqu’à Corrientes, en mars 1840, pénétrant grandement dans le territoire argentin-,  fit traverser en 1821 le Paraná à un détachement de soldats en armes, le fit enlever par ses hommes et détruisit la plantation renaissante du français sans frontières et sans limites…

Et alors qu’il est assigné à résidence à Santa María de Fe, un petit village perdu dans les Missions paraguayennes, le botaniste orléanais, Auguste de Saint-Hilaire, publie la première description de la plante en 1822, à la suite de son premier voyage au Brésil, là-encore notre botaniste, oublié par son propre pays et par sa propre ville, est dépossédé de sa découverte, car on peut supposer qu’il fit cette même description dès 1817 ou 1818, à Buenos Aires, ou alors dans sa gigantesque plantation de maté à Santa Ana, dans les Missions Argentines, vers 1820, en tout état de cause, avant de Saint-Hilaire…

Il vécut alors les pires années de sa vie, privé de la Liberté du Siècle des Lumières, qui pour lui avait tant de prix, mais aussi les plus belles, car, comme toujours, il fut sauvé par l’Amour , celui de la fille du cacique indigène chiviré : María, avec laquelle il eut deux enfants. Il devint alors en quelques années le plus riche entrepreneur de la région, en dirigeant en même temps une ferme, pourvue de nombreux troupeaux[14], une plantation de maté, un dispensaire, une scierie, la fabrication de remèdes maison  à base de miel et de plantes indigènes, à tel point que le Docteur Francia, enragé face à un tel succès de son « prisonnier » ordonna sa libération en 1829, mais par un dernier coup de dés truqués, le retint à Ytapúa, l’actuelle ville d’Encarnación, au sud du Paraguay, un an et demi de plus, sous le prétexte qu’il devait vendre tous ses biens paraguayens avant de quitter le territoire, il dut aussi, la mort dans l’ âme, abandonner María et leurs deux enfants…

casa Bonpland SMF 2

Tout au long de son existence, on dépouille donc Bonpland de tout, de monumentales publications en botanique en plusieurs tomes, tels les Voyages aux régions équinoxiales et Nova Generae et Species Plantarum, de ses découvertes  et descriptions du maté et de la Victoria Regia, et même de ses enfants, et ses biens, il doit les vendre en quittant le Paraguay ; il apparaît alors comme le Botaniste Dépossédé, et ceci, pour plusieurs raisons.

La première, c’est qu’il voyageait beaucoup, après la mort de sa Rose-Joséphine, il avait décidé de revenir en Amérique Latine, de continuer le Voyage, indéfiniment, sans retour possible, alors que Humboldt mettait sous presse à Berlin et à Paris le fruit de leurs cinq années d’observations. Ensuite, il y a cette Figure Imposante du Baron de Humboldt, qui de toutes façons, n’aurait pu que le laisser dans l’ombre, tel que le suggère deux auteurs de prime abord dans leurs titres : A life in shadow, de Stephen Bell[15], et Figura na sombra[16], de Luis Antonio de Assis, on comprend bien dans ses deux ouvrages que Bonpland, malgré tous ses feux, brillait moins que l’Astre Ardent de Tegel[17] .

humboldt box

HUMBOLDT GLOBO

Mais il avait choisi la Vie, le Mouvement, les Amours à tous vents, alors que le Baron la finit seul, enfermé dans son cabinet, le dos ployé sous le poids des publications et des responsabilités, l’Un vécut de Voyages, l’Autre revécut ses Grands Voyages, durant les 25 dernières années de sa vie…

Alors si on fait le bilan de tout ça, -en rajoutant que Bonplandia est un genre en botanique de 13 espèces différentes de phanérogames : plantes produisant des graines, appartenant à la famille des polémoniacées[18], que deux revues de botanique portent ce nom, en son honneur, l’une à Corrientes et l’autre à Hanovre-, on peut se dire que,  même s’il est indéniable que Bonpland a été grandement oublié chez lui et dépossédé de certaines de ses découvertes, que si l’ombre d’un Géant a plané sans cesse au dessus de Lui, malgré tous ses déficits et handicaps, notre Bonpland n’attend plus qu’une chose, que la bonne Ville de La Rochelle, -éminemment culturelle de surcroît, et déjà prévenue par mes soins en 2009[19]–  rajoute son prénom au nom quasi universel d’un Géant charentais des Plantes[20], qui, hélas, ne fut jamais prophète en son Aunis…

 

ANNEXE :

PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES

D’AIME BONPLAND

1811 : Recueil d’observations de zoologie et d’anatomie comparée rédigé avec Alexander Humboldt, Imprimerie J.H. Stone, Paris.

1813 : Description des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre par Aimé Bonpland. Imprimerie P. Didot l’aîné, Paris.

1815 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 1, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1816 : Monographie des Melastomacées comprenant toutes les plantes de cet ordre y compris les Rhexies, volume 1, Paris.

1817 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 2, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1818 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 3, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1820 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 4, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1821 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 5, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1823 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 6, Lutetiae Parisiorum, Paris.

1823 : Monographie des Melastomacées comprenant toutes les plantes de cet ordre y compris les Rhexies, volume 2, Paris.

1825 : Nova genera et species plantarum rédigé avec Alexander Humboldt et Karl Sigismund Kunth, volume 7, Lutetiae Parisiorum, Paris.

[1] Le grand Umberto Eco lui-même n’aurait pas hésité à le qualifier de « roman le plus sémiotique du XX ème siècle. » Il s’agit sans aucun doute aussi du «roman » le plus psychologique sur la dictature latino-américaine, dans lequel l’auteur-compilateur Roa Bastos s’installe pendant 609 pages dans la conscience du Dict-Auteur, le Docteur Francia, qui dicte son Livre à son secrétaire Patiño, en faisant ainsi le premier «  roman » lu avant d’avoir été écrit…

[2] De par les multiples visées de son œuvre : anthropologique, sémiotique, historique, politique, de par ses scénarios de cinéma pour les plus grands réalisateurs argentins dans les années 50, lors de son exil à Buenos Aires, de par ses farouches combats artistiques et idéologiques contre la dictature de Stroessner, Roa Bastos peut,  et doit, être considéré comme le plus grand écrivain latino-américain du XX siècle.

[3] Voir à ce sujet le début de l’excellent film de Luis Armando Roche : Aire libre,  sur l’expédition de l’Orénoque à l’Amazone du donquichottesque géologue prussien Alexander Von Humboldt et de son fidèle écuyer botaniste charentais : Aimé Bonpland : https://www.youtube.com/watch?v=1RHr6miM_lE

[4] En ce jour « magique sans temps » pour moi, j’eus la chance et l’honneur d’interviewer en son domicile le Grand Maître paraguayen, et de faire un documentaire, hélas imparfait à bien des égards,  à partir de cette rencontre et d’un road movie dans le Guairá: Un país tras la lluvia, https://www.youtube.com/watch?v=6oUZE1R2gu0&t=92s

https://www.youtube.com/watch?v=3Vu_f4SRujI&t=71s

[5] L’Harmattan, « Collection L’autre Amérique », Paris, avril 2010, http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31196

[6] Bonpland ne participa pas à l’ensemble de cette œuvre multidisciplinaire et monumentale en 13 volumes, dans laquelle on voit à juste titre les prémices de multiples sciences telles que l’Écologie, la naissance de L’Américanisme, l’invention du Vulcanisme et de la Géographie Physique, et, comme si cela ne suffisait pas, une anticipation de la théorie de l’évolution des espèces de Darwin. En effet, en repartant à l’aventure en Argentine en 1817, la publication de ses découvertes de botaniste fut confiée à un botaniste prussien Carl Ludwig Wildenow, ami de Humboldt, qui obligea notre Bonpland à lui confier ses doubles, voir à ce sujet ce passage de mon roman de Bonpland: « Malgré cette reconnaissance unanime des milieux scientifiques et ma modeste rente, dans un Paris bouleversé par les pharaoniques travaux de l’Empereur, je ne me sentais pas à l’aise. J’avais d’une part la nostalgie de mes maisons de La Rochelle[6], de notre bastide des Chauvins, malgré l’accueil qu’on m’y avait fait et surtout l’envie irrépressible de repartir en Amérique Latine, je sentais en moi que j’étais définitivement voyageur et que mon voyage serait éternel… Pour apaiser mes tourments, je partis faire passer des examens de botanique en France, en Suisse et en Italie, mon séjour à Turin me permit de revoir Alexandre à Milan, où il séjournait pour l’hiver avec Gay Lussac. Alexandre voulant terminer la publication de sa « Géographie des plantes équinoxiales », m’obligea à céder à un botaniste prussien, Wildenow, la moitié de mes doubles, ce qui ne manqua pas de m’offenser profondément après les huit années passées ensemble, dont 5 sur les routes et fleuves d’Amérique Latine. »

[7] Voir Les arpenteurs du monde, le grandiose roman de Daniel Kehlmann, traduction de Die Vermessung der Welt , Rowolt Verlag, Berlin, 2005, qui à la suite de son énorme succès de librairie, fut adapté au cinéma par Detlev Buck, en 2012.

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Ludwig_Willdenow

[9] Cependant, il convient de remarquer que c’est bien le nom de Bonpland qui apparaît sur la couverture, et ce jusqu’au sixième volume, publié en 1820, ce qui en dit long sur le sens de l’honneur du baron de Humboldt et sur son éternelle Amitié pour Bonpland : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k972858

[10] Voir la bibliographie scientifique de Bonpland, en annexe.

[11] Appelé ainsi par les indigènes, ce qui signifie ‘plat sur l’eau’ en guarani, car son fruit, de la taille d’une noix de coco, est rempli de graines qui sont consommées avec délectation par les indien guaranis.

[12] Le nénuphar géant, orné sur le côté d’une superbe fleur blanche ou rosée*a,  bien connu aussi sous le nom de Victoria Amazonica,  fut découvert par le naturaliste-voyageur tchèque,  natif de Bohème, Thaddaus Xaverius Peregrinus Haencke -qui participa à la circumnavigation d’Alessandro Malaspina de 1789 à 1794-, en Bolivie, en 1801, mais ne fut pas décrit ensuite par ce grand précurseur des naturalistes-explorateurs du XIX, qualifié par d’aucuns de « Humboldt tchèque », mais mort prématurément en Bolivie, en 1815.

*a : La fleur, bisexuée, qui n’apparaît que la nuit, de mars à juillet, et se rétracte le jour, est blanche et féminine une nuit sur deux, elle peut alors recevoir du pollen, et la nuit suivante, elle devient rosée et masculine,  et peut à son tour polliniser, grâce à un scarabée.

[13] En revanche, au Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle, si quelques herbiers de Bonpland se trouvent bien dans les réserves, ceux qui apparaissent dans la salle des explorateurs, sont ceux de Michel, son frère, qui le jalousait tellement qu’il est parvenu non seulement à le faire rejeter par sa famille, -à cause de son amour pour Adeline Boyer, une gouvernante de Joséphine, mariée à un vieux médecin mais qui ne pouvait divorcer car c’était interdit à l’époque-, mais aussi à le faire déshériter par son père, car il naviguait en compagnie de Humboldt en Amazonie quand sa mère est morte, et pour couronner le tout, finir par occulter sa présence en ce lieu hautement symbolique, dans cette région de grands explorateurs et voyageurs tels Alcide d’Orbigny, René Caillié, Eugène Fromentin et Pierre Loti-, en faisant disparaître  le prénom d’Aimé, dans la seule rue de France portant son nom, à La Rochelle*a

*a : Alors que deux villages où  il a vécu en Argentine portent son nom, à Misiones et à Corrientes, une montagne au Venezuela, où  commença l’expédition de l’Orénoque à l’Amazone, mais on le retrouve aussi dans des endroits où il n’a jamais mis les pieds, comme le fleuve Bonpland en Patagonie et même un Mont Bonpland en  Nouvelle Zélande, et ceci sans compter un cratère Bonpland sur la lune. On voit bien à la lumière de la toponymie que nul n’est prophète en son pays, et Bonpland encore moins que les autres…

[14] Il était médecin, et en particulier accoucheur, et à chaque fois qu’il intervenait, on le payait avec un animal issu des différents troupeaux de ses patients ; il fut surnommé à l’époque le « Karaí Arandú » , le ‘Grand Savant’, en guarani…

[15] Stanford University Press, Stanford , 2010

[16] L§PM Editores, Porto Alegre, 2012

[17] Je me suis rendu à Tegel, dans la banlieue de Berlin, en 2009, sur la route de Cracovie, et  j’ai pu parcourir le parc du Château du Géant, normalement interdit à la visite, et les abords du massif Hôtel Humboldt juste à côté, mais je n’étais pas au bout de mes surprises. En 2015, lors d’un séjour à Berlin, j’ai pu dénombrer deux grandes Universités en son nom, celle de Droit,  et juste en face, celle de Sciences, au 6 de la rue Under dan Linden, là où l’on peut voir la monumentale statue où il tient pointé sous son doigt gauche  le globe caché sous sa cape ; son portrait est peint ou projeté sur de nombreuses façades tout autour, Il est présent partout, et pour couronner le tout, Il a un peu plus loin, sa Géode Multi-Arts et Multi-Sciences, la Humboldt Box ; alors on comprend mieux ce que ça va veut dire la Postérité, et surtout le travail sur la Mémoire historique et culturelle, en Allemagne…

[18] La Bonplandia trifoliata par exemple, porte ce nom à l’initiative de Humboldt… https://es.wikipedia.org/wiki/Bonplandia

[19] A l’occasion de l’organisation d’un projet pédagogique sur Bonpland, avec mes chers élèves de seconde  et de première, option cinéma, du Lycée Valin.

[20] L’abréviation Bonpl., qui signifie que la plante fut décrite en latin par Bonpland, apparaît à de nombreuses reprises en ligne, souvent associée à celle de Humboldt : Humb., dans différentes taxonomies de plantes de l’Amérique tropicale, https://books.google.es/books?id=WNwVAAAAYAAJ&pg=PA673&lpg=PA673&dq=Bonpl.&source=bl&ots=lg1LidavKq&sig=FBx_ZWONnsTwi-LVNjQZQ4j-Jhc&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjauo6O973YAhVLtRQKHZFkB1AQ6AEIdTAO#v=onepage&q=Bonpl.&f=false  Ce qui démontre bien que ni le temps, ni des botanistes concurrents, ni le Géant de Tegel, ni même son frère Michel, -petit botaniste local des marais de l’Aunis, mort d’envie-, n’ont pu le faire disparaître complètement…

 

retrato Amado_Bonpland""MEMORIAS DE UN MUERTO, EL VIAJE SIN RETORNO DE AMADO BONPLAND", en la Sala Augusto Raúl Cortázar, de la B.N. de Buenos Aires, el lunes 09 de agosto de 2010"Bonpland dedicando sus Memorias

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“RELATO DE CENIZA” DE MARYSE RENAUD: “LA IMPOSIBLE HUIDA”, POR DAVID OSORIO MEJÍA, Y CONTRATAPA DE MEMPO GIARDINELLI

LA IMPOSIBLE HUIDA

Cyparis el martiniqués  muere pues en Panamá, al fin de Relato de ceniza, la novela de Maryse Renaud, que acaba de publicar en Madrid la Editorial VERBUM. De un nuevo ataque al corazón,  tirado boca abajo al pie del viejo tamarindo, entre los lirios blancos que cultivaba con amor, trágicamente alcanzado por esa ceniza candente, esos copos incendiarios de que toda su vida intentó escapar. Copos que planean sobre todo el texto, se insinúan de modo reiterado, inquietante, en la vida de los habitantes de Saint-Pierre, preludiando la futura catástrofe que nadie sabe detectar, y hasta resurgen en el momento más inesperado, en Nueva York, en el incendio de un circo donde  trabaja el protagonista, al abrigo supuestamente de nuevas malandanzas.  Copos  fríos también, venidos de la lejana Europa, de nieve esta vez, tan mortíferos como los copos quemantes del Trópico, penetran de modo simbólico, onírico, atormentándola en la mente  traumatizada de Cyparis, el eterno, el esquivo fugitivo, reñido con su tierra natal. Una tierra que puso en tela de juicio su palabra, que negó su dolorosa experiencia.

La novela, fielmente anclada en la Historia conflictiva de la Martinica colonial, azotada por la crisis azucarera, y más adelante, conforme avanza la ficción, en la  de todo el Caribe (francófono, anglófono, hispano, criollófono), describe la excepcional trayectoria vital de Cyparis,  único superviviente de la más devastadora catástrofe natural del siglo XX : la erupción del Monte Pelado en 1902, en Martinica, que causó en escasos minutos más de 26000 muertos, arrasando Saint-Pierre. La ciudad orgullosa, que se complacía en autodenominarse «el Pequeño París de las Antillas », centro del comercio y del placer, queda oficialmente borrada del mapa hasta 1923.  Con una notable fuerza descriptiva (la escena del asalto al cementerio de Saint-Pierre es de antología),  con un lirismo delicado al evocar el sufrimiento de hombres y animales (la suerte de la yegua Pauline, de crines chamuscadas, no puede dejar indiferente a ningún lector con un ápice de sensibilidad),   y un  humor ligero o acre, a ratos, que entreteje jugando las grandes voces del pasado ( García Márquez,  Reinaldo Arenas, Clorinda Matto de Turner, un enigmático romance español…), la voz narrativa evoca las tres etapas fundamentales de la caótica existencia de Cyparis : el dantesco momento de la erupción,  con un Cyparis encerrado en su calabozo de piedra, atrapado en las asfixiantes redes del gas mortal del que consigue librarse por los pelos, rodeado de ruinas nevadas de ceniza cuyo sentido se le escapa al comienzo,  al salir de la cárcel ;  el extraordinario episodio neoyorquino en el que Cyparis, contratado por nada menos que el Circo Barnum, se eleva al rango de « primera estrella negra » del mundo circense, exhibiendo su cuerpo escamoso y potente, como el barroco Segismundo de La vida es sueño, ante un público literalmente fascinado ; y por fin,  la presencia del martiniqués en la Zona del Canal, donde trabaja de recluta en condiciones durísimas junto a sus compatriotas antillanos, involucrados todos ellos en lo que creían algunos la nueva utopía del siglo XX, y que resultó ser  una faraónica  y mortal empresa liderada por las autoridades norteamericanas hasta 1914, fecha oficial de la inauguración del Canal.

Sólo la camaradería, el cálido afecto de algunos seres —el Padre Henry, su protector y mentor en Martinica, quien le enseña  pacientemente a leer ; Jeff, el jamaiquino, excéntrico y travieso ; el colombiano Arístides, todo un hombre, ex combatiente de la Guerra de los Mil Días, que disuade a Cyparis de salir para el frente al estallar en Europa la Primera Guerra mundial— vienen a atenuar las violencias y frustraciones que erizan la vida del martiniqués. El amor de la inasible Victorine, su ardiente frialdad también lo hacen paradójicamente fuerte, justificando su vida de esfuerzos y sacrificios,  al tiempo que  consumen lentamente su alma y su cuerpo.

Hasta hacernos olvidar « al hombre fornido que había resistido de joven la furia de un volcán y el trabajo fatigoso en la Zona del Canal. Y [más aún] al que fuera por varios años la mayor atracción del circo más famoso del mundo »

Bogotá.

http://www.verbumeditorial.com/es/libreria/Catalog/show/relato-de-ceniza-360473

En Relato de ceniza Renaud hace gala una vez más de la fuerza descriptiva de su prosa, que evoca a Alejo Carpentier e incluso a Miguel Ángel Asturias, para narrar la historia de Cyparis, un negro joven y marginal que sobrevive en condiciones espantosas a la erupción de un volcán antillano que en 1902 destruyó miles de vidas. La narración, vertiginosa y con soberbia vastedad lexical, sigue la vida novelesca de Cyparis, que lo lleva a ser estrella circense en los Estados Unidos y luego a trabajar en la construcción del Canal, circa 1904. La peripecia de Cyparis y su amada Victorine, también martiniquesa y posteriormente víctima de la siempre absurda violencia, los desplaza por el texto como marionetas de un destino trágico y común, hasta que estalla la Primera Guerra Mundial y él se convierte en fugitivo por temor a ser llamado a una contienda a la que en absoluto siente propia.

Es notable cómo Renaud, tan francesa y tan competente académica europea, mantiene sus raíces intactas en el Caribe.

Mempo Giardinelli

 

 

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”GUIDO BOGGIANI: EL AMANTE ANTI RACIALISTA DEL OTRO INDÍGENA”’, ÉRIC COURTHES

UilliliUN TUMANAHOASESINATO DE DON GUIDOGuido Boggiani

Il quadro che vogliamo prendere in considerazione  una tela ad olio di 98 x 200 cm., dipinta  nel 1884, intitolata Bosco di castagni sopra Stresa.;  custodito presso il Museo del Paesaggio di Pallanza, ed  un dono del comm. Marco De Marchi.Il tema  lo stesso del pi celebre La raccolta delle castagne, che abbiamo giˆ ricordato sopra e che si trova presso la Galleria d'Arte moderna di Roma. Si direbbe che Boggiani fosse affascinato da quel particolare specie arborea e quella particolare stagione  dell'anno, tra la fine dell'estate e l'autunno, quando i possenti tronchi sono ombreggiati da un densissimo manto di fogliame e gli effetti di luce, nelle radure o sui margini del bosco, permettono di sviluppare al massimo i contrasti di colore.La luce, infatti, e i contrasti cromatici di verde, giallo e arancio, sono i veri protagonisti di quest'opera che ha la leggerezza e la felicitˆ di tocco di una poesia di Teocrito o di una musica di Vivaldi; e che riesce a creare un'atmosfera intensa e partecipe, pur escludendo totalmente la presenza della figura umana e anche quella degli animali domestici, cos“ caratteristica, invece, di altri paesaggisti italiani dell'Ottocento, a cominciare da Fontanesi.Ombra e luce giocano e si rincorrono sotto le chiome dei grandi alberi di castagno, le cui dense chiome si fondono le une nelle altre e pare si abbraccino, avvolgendo quest'angolo incantato in una atmosfera raccolta, di pace  e di quiete, ma anche pervasa dal vivo e gioioso respiro della natura. Pi che Fontanesi, questo paesaggio ricorda certe atmosfere di Carducci, ad esempio il bosco di faggi e abeti della Carnia descritto ne Il comune rustico. Vogliamo dire che vi ,  in esso, certamente, un elemento tardo-romantico; ma, pi ancora, vi  un elemento classicistico; e un altro che saremmo quasi tentati di definire impressionistico. Ha qualcosa della freschezza dei campi di papaveri di Renoir; evoca il profumo dell'erba, delle foglie, della terra, come solo riescono a fare i p

Il quadro che vogliamo prendere in considerazione  una tela ad olio di 98 x 200 cm., dipinta nel 1884, intitolata Bosco di castagni sopra Stresa.;  custodito presso il Museo del Paesaggio di Pallanza, ed  un dono del comm. Marco De Marchi.Il tema  lo stesso del pi celebre La raccolta delle castagne, che abbiamo giˆ ricordato sopra e che si trova presso la Galleria d’Arte moderna di Roma. Si direbbe che Boggiani fosse affascinato da quel particolare specie arborea e quella particolare stagione dell’anno, tra la fine dell’estate e l’autunno, quando i possenti tronchi sono ombreggiati da un densissimo manto di fogliame e gli effetti di luce, nelle radure o sui margini del bosco, permettono di sviluppare al massimo i contrasti di colore.La luce, infatti, e i contrasti cromatici di verde, giallo e arancio, sono i veri protagonisti di quest’opera che ha la leggerezza e la felicitˆ di tocco di una poesia di Teocrito o di una musica di Vivaldi; e che riesce a creare un’atmosfera intensa e partecipe, pur escludendo totalmente la presenza della figura umana e anche quella degli animali domestici, cos“ caratteristica, invece, di altri paesaggisti italiani dell’Ottocento, a cominciare da Fontanesi.Ombra e luce giocano e si rincorrono sotto le chiome dei grandi alberi di castagno, le cui dense chiome si fondono le une nelle altre e pare si abbraccino, avvolgendo quest’angolo incantato in una atmosfera raccolta, di pace e di quiete, ma anche pervasa dal vivo e gioioso respiro della natura. Pi che Fontanesi, questo paesaggio ricorda certe atmosfere di Carducci, ad esempio il bosco di faggi e abeti della Carnia descritto ne Il comune rustico. Vogliamo dire che vi , in esso, certamente, un elemento tardo-romantico; ma, pi ancora, vi  un elemento classicistico; e un altro che saremmo quasi tentati di definire impressionistico. Ha qualcosa della freschezza dei campi di papaveri di Renoir; evoca il profumo dell’erba, delle foglie, della terra, come solo riescono a fare i p

mujer Boggiani

Resumen: Guido Boggiani demostró ser un firme opositor de las teorías racialistas de su época, conviviendo y transculturando con varias etnias del Chaco, mostrándoles una gran Amistad e incluso Amor, y anticipando a la vez la etnología moderna.

Abstract: Guido Boggiani demonstrated to be a steadfast opponent to racialist teories of its time, cohabiting and transculturating with several Chaco’s etnics groups, displaying to them a great friendship and even Love, and anticipating at the same time modern etnology.

Palabras Claves: Racismo, racialismo; Transculturación, el Otro indígena, Amistad, Amor; Caduveo; discursos de Viaje

Keywords:Racism, racialism; Transculturation, the Other indigenous, Friendship, Love; Caduveo; Travel’s speechs

Geografía: Paraguay, Alto Paraguay, Chaco Boreal, Brasil, Pantanal Mattogrossense
” Si dos hombres cantasen dos canciones diferentes, puede acontecer que sus casualides se encuentren y creen un ton armonioso.Yo me esfuerzo en facilitar tales coincidencias, procuro ese ton armonioso, un lenguage en común.
– ¿Y qué acontecerá si alguna vez hace un error?
– Moriré.”
Entrevista a Pavel Frič1

Según el Sabio de Pensilvania, Daniel Garrisson Brinton2, sólo las razas superiores, como los Mayas y los Aztecas en Mesoamérica, valían la pena ser estudiadas, idea racista, e incluso racialista, que rechazó con fuerza Guido Boggiani, a lo largo de su corta vida3, por sus largas convivencias pacíficas con las etnias más comunes del Chaco, como los Chamacocos, los Sanapanás y los Tobas.
El racialismo sería el fundamento teórico del racismo, o sea ”la doctrina de las razas”, etnocéntrica si las hay, que fundamenta el racismo, y que legitima una ”jerarquía” entre el grupo dominante y el grupo dominado, según Tsvetan Todorov4, que teorizó este concepto en su famosa obra: Nosotros y los otros, Reflexión sobre la diversidad humana.
Sebastián Román, en su reciente y brillante ensayo sobre discursos de (en) viaje5, en la Argentina del siglo XIX, oscilando con maestría entre semiótica discursiva e historia cultural, reactualiza y resemantiza también ese concepto de racialismo6, al analizar el diario de viaje de un comerciante inglés, por el Río de la Plata, John A. B. Beaumont7.
Pone de realce que el racialista no sólo afirma que las razas son diferentes sino que hay razas superiores a las demás, como Beaumont que pone por encima de todos al businessman inglés, al prójimo blanco de ” pigmento favorecido”8, contraponiéndolo a cada rato con el criollo argentino, oponiendo negocio y ocio, diferenciando a los hombres por sus comportamientos en la vida diaria y en los negocios.
Entre los formadores de don Guido, estaba el famoso antropológo italiano: Paolo Mantegazza9, el cual fue también un activo racialista cientificista ”sui generis”, como lo calificaría con acierto Sebastián Román.
Empero, el personaje de nuestra novela y el sujeto de esta ponencia nunca adoptó ese tipo de discursos extremos, si bien hay unas señales en sus diarios de esa nefasta influencia, muy de su tiempo10:

Los Chamacocos son los esclavos preferidos y los más buscados por los Caduveos. Son bien tratados mas teniendo en cuenta su raza inferior.
Una simple confrontación entre ambos pueblos permite muy fácilmente comprobarlo.
A ellos les tocan los trabajos groseros de servicio y el labrar de la tierra. Se los trata en general con dulzura, sin dejarlos nunca olvidarse de lo que son sus deberes.
Hubo un tiempo, como ya lo dije, en que los Caduveos adquirían los esclavos por la violencia, haciendo guerra a las tribus de salvajes del Chaco, de los cuales eran y siguen siendo hoy el terror.
Ahora, sin embargo, los pobladores de las riberas del Río Paraguay, en su propio interés, impiden tales correrías a mano armada y los Caduveos comprendieron que con los cristianos no es prudente entrar en conflicto, se les hizo más difícil proveerse de esclavos.
Hoy en día, no pudiendo hacer de otra manera, entablaron relaciones amistosas y comerciales con los Chamacocos, los cuales, empero, siguen teniendo cierta aprehensión al acercarse los Caduveos. Y en cambio de esclavitos que los Chamacocos van a capturar en el interior entre la tribu de los Tumaná, o Chamacocos Bravos, por el amor, por la astucia, o por la fuerza, los Caduveos les traen para vender viejos fusiles, pasta de urucú y otros pocos géneros que consiguen en cambio de cueros de ciervo11.

De hecho, al oponer y jerarquizar entre sí, a los Caduveos12 y los Chamacocos, don Guido, de origen aristocrático, no hace sino usar las ideas y los prejuicios de su época; los indios son unos ” salvajes13” , pero su visión es más rousseauniana que darwiniana, es la de un pintor, de un artista, de uno de los primeros etnofotógrafos, y sus largas convivencias con los Chamococos y los Caduveos le hicieron ver las cosas desde dentro. Sus aproximaciones al Otro Indígena son de primera mano y expresan una profunda humanidad.
En cambio, el racialista Beaumont, sostenía que dentro del mestizo y del criollo argentino seguía viviendo el indio, ” con todos los rasgos distintivos de su raza14”, y que ” hay en ellos una negligencia, una falta de puntualidad y una lentitud que no se avienen con el carácter y las costumbres de un hombre de negocios inglés15.”
Los ”negros ojos sumisos16” de los mestizos argentinos y paraguayos son ojos de indios, que callaron sus orígenes durante siglos, por miedo al desprecio general de la población17, y cuando Gombrowicz y Boggiani, en sus respectivos périplos por el Río de La Plata, a veces se enamoraron de esos ojos profundos, Beaumont se empeñó en sus posiciones racialistas y hasta llegó a sostener que al mestizo argentino, ni con la educación se lo podría redimir18…
En su diario de viaje19 a los Caduveos de 1892, inserto en mi ”novela”, Boggiani declaró todo lo contrario, lo que hace de él un opositor muy valioso a las teorías racialistas -fruto muy a menudo de simples investigadores de gabinete- ya que sus largas convivencias con ellos, lo autorizaban a semejante discurso: ”’Vi y pude comprar platos ornamentados con verdadero gusto artístico, cosa que despierta aún mayor interés, cuando uno piensa que están hechos por salvajes20.”
Pero no todo era positivo en su forma de ver a los indios, por ejemplo, tenía posiciones pro esclavistas, y, partiendo del ejemplo ya mencionado de la esclavitud de los Chamacocos por los Caduveos, sostenía que gracias a la esclavitud21, las poblaciones negras habían progresado respecto de sus pares de África.
En cuanto al tema de la pinga -aguardiente de caña que destruyó a tantos indios, por la fuerte adicción que tenían y el uso ritual que hacían de ese fortísimo brebaje- que don Guido repartía entre los indios, con algunos cachivaches italianos, en cambio de cueros de venados y piezas etnográficas. Pues es de decir que el Genio de Omegna ”no hubiera podido mantener relaciones pacíficas con los indios sin las garrafas de aguardiente que guardaba debajo de su cama, ya que todos los etnólogos, misioneros, exploradores y estancieros hacían lo mismo22.”
Empero, excepto los dos aspectos recién mencionados, don Guido se portó realmente como un caballero lombardo con los autóctonos, con los cuales convivió en sus obrajes23, o encontró en sus numerosos viajes por el Chaco y otras partes del Paraguay.
Su grado de transculturación alcanzó lo máximo, mediante la Amistad e incluso el Amor, su acercamiento al Otro fue profundamente Humano, olvidándose de los prejuicios de su época. Por ejemplo, el estrés y la preocupación casi paterna que siente cuando su guía chamacoco Felipe extravía el camino en una de sus expediciones, es realmente emocionante: ”Le tenía tanto afecto que la simple idea de ser abandonado me afligió con un pesar inmenso, no pudiendo pararme de llorar24.”
Con los Caduveos, con los cuales convivió dos veces tres meses, en 1892 y 1897, llegó a extremos su identificación con el Otro indígena, primero adoptó su traje25:

Confeccioné para mí varios trajes a lo Caduveo, a fin de disponer de ropa de muda. Hice uno todo rojo flamante.
Mi primera aparición con esta ropa fue acogida por un general grito de admiración y los más elegantes del país me tenían envidia. También llevo collares en el pecho. ¡Qué pena que para completar el traje, no me hubiera decidido a quitarme los bigotes, las pestañas y las cejas!26

Y luego, como es natural, se puso a bailar con ellos, hasta altas horas de la noche, descalzo, padeciendo mil dolores en las plantas de los pies, pero dejando de a poco toda su educación occidental y adoptando los usos y las costumbres de los indios:

Después de eso, llegaron de nuevo unos jóvenes, esta vez de traje de ceremonia, esto es, de calzas, camisas, andaban descalzos y me convidaron a bailar con ellos.
-¡Pero no sé bailar!
-¡No importa, aprenderás bailando con nosotros!
No tuve más remedio, tuve que aceptar.
Me puse, yo también, las calzas, la camisa, el sombrero, etc. Andaba descalzo como los otros; tocaban el tambor para llamar a la gente, sonaba más desafinada que nunca la flauta y luego corrió la voz de que yo formaba parte del baile.
Se reanimaron los fuegos, se sacó hasta la última paja de la plaza, las chicas afluyeron apresuradas, las mujeres jóvenes y todas aquellas que todavía eran capaces de someterse al interesante ejercicio y se comenzó.
Mi inexperiencia provocaba la hilaridad de las chicas, que se divertían locamente y me provocaban a cada rato para darme a entender que estaban contentas con verme tomar parte activa en su alegría.
Me esforcé en encontrar el paso, mas era bastante difícil y sólo al final conseguí imitarlo, cuando ya me dolían bastante las plantas de los pies.
La explanada había sido barrida diligentemente; mas para mis pobres pies todavía no acostumbrados a andar sin zapatos había siempre algún terrón endurecido, o alguna raíz que salía del suelo para que me topara con ella y blasfemara.
Mas, como Dios manda, el baile tuvo fin y me sentí bien contento con volver a mi catre27.

Empero, no sólo sintió con ellos el goce por compartir el placer del baile o de los cantos indígenas sino que llegó a trabar amistad real y profunda con jóvenes indios e indias, como su seguidor, el explorador checo Fric ya mencionado, por la honradez y la autenticidad de los sentimientos de los indios:
De hecho, asi como lo dijo después de mi muerte mi seguidor, el bueno de Frič 28, poco antes de morir él mismo: ” Los salvajes son personas íntegras”, personas como nosotros, diría yo, hermanito checo. ” Encontré en ellos un sentimiento que es cada día más raro entre la gente civilizada -si es que realmente existe- la amistad29.

Boggiani, al sentirse totalmente aceptado e integrado por los Caduveos, naturalmente termina en bolas como ellos, al recoger frutos de etchates tan abundantes que tuvo que sacarse la ropa, para llevarlos:

Recogimos tantos frutos que no bastaron los pañuelos y los trapos hechos con nuestra ropa para contenerlos, tuvimos que ponernos en completo traje de Adán… antes del pecado, y, llenos los paños que antes nos tapaban, los llevamos hasta afuera del bosque donde habían quedado presos los bueyes, que con su yugo no habían podido entrar.
Es el último grado descendido en la escala de los hábitos salvajes y vi que, al no poder hacer de otra forma, ¡podemos vivir de lo mejor tanto desnudos como vestidos de casaca, corbata blanca y guantes glacés!
Con lo que me di algo de consuelo por lo que pueda acontecer en la vida. ¡Nunca se sabe…!
Al volver a la toldería, de regreso con abundante carga, fui acogido por un murmuro de admiración de toda la aldea.
Poco a poco me estoy volviendo un perfecto Caduveo. A todo la gente se acostumbra con el tiempo30.

Y como es natural también, al despertar tanta admiración por su traje local, por sus bailes con los ” salvajes” descalzo, y su final desnudez, en el simple ”traje de Adán”, como Ellos, despertó el Amor en su Alma y en la de su ”espozinho”31, el lindo Uillíli:

Su nombre es uno de los más dulces que oí hasta ahora. LLámase Uilílli, con un acento en la segunda i32.
Tendrá entre dieciséis y diecisiete años y es precioso. El cabello negro y liso, como es común acá, dos grandes ojos negrísimos llenos de dulzura ornados de largas pestañas suaves, encimadas por dos cejas de arco bien delineado, y los rasgos del rostro extraordinariamente finos, lo cual, con la perfección de formas de las manos y de los pies y la proporción general de los otros miembros del cuerpo, más delgados que gordos, muestra a la evidencia la pureza de sangre que corre por sus venas.
Al contrario del uso general, no se raspa las cejas ni las sobrecejas, tal vez porque es aún muy joven. ¡Qué pena que no comprenda el portugués y no podamos conversar juntos: hubiera podido contarles tantas cosas interesantísimas para él!33

Al sentirse como Ellos, al verse como un ” perfecto Caduveo”, -poniéndose en escena, como si de ficción se tratara-, Boggiani es Caduveo, es Uno de Ellos, su Empatía es total, y eso, en el campo de la etnología34, no se había dado antes: esa extraña comunión entre un aristócrata piamontés, un Rey Pálido35 y los ” salvajes” más evolucionados y dominantes del Pantanal, a quienes trataba como Hermanos:

Comienzo ahora a entrar en familiaridades con esta gente que se siente no muy poco lisonjeada en su amor propio al ver que un europeo, y no uno de esos habituales portugueses groseros y libidinosos, mas un señor que sabe tantas cosas, que viajó tanto y que, según ellos, es tan rico (¡ pobrecitos, se conforman con tan poco!) y que en lugar de tratarlos con desprecio, engaño y los malos modos que se les suele aplicar, se junta con ellos fraternalmente y se interesa en todo lo que les concierne, sin abusar de su ignorancia en los negocios y encima se muestra insólitamente generoso36.

Los Caduveos pertenecen a la familia lingüística Mataco-Guaycur37, son de origen pámpido, de ahí el odio que le tenían los guaraníes, de origen amazónico. Vivieron en el Alto Paraguay hasta la Guerra Grande, durante la cual se aliaron con los Brasileños, en contra de los paraguayos, luego cruzaron el río Paraguay y se radicaron en una extensa reserva epónima, al pie de la Sierra de Bodoquena, que les regaló el gobierno de Brasil, en cambio de sus servicios de guerra.
Eran temidos por todas las tribus del Chaco, a las cuales esclavizaban, por ser más altos y fuertes, y sobre todo más evolucionados. Adoptaron en seguida el caballo y se volvieron los Centauros del Chaco. Pero sobresalen aún más en el ámbito artístico, sus tatuajes y su cerámica están entre los mejores en toda Suramérica, lo que lo conllevó a don Guido, gran artista si los hay38, a sostener que tenían un origen incaico, de hecho, el Genio de Omegna, llegó a afirmar que eran incas prófugos39:
Los dibujos que los Caduveos suelen hacer tanto sobre su cuerpo como los utensilios están llenos de gusto y de carácter. No es, por cierto, un arte que aprendieron del contacto con la civilización. Este talento artístico notablemente desarrollado en todos, y más especialmente en las mujeres, lo tendrán heredado de anteriores civilizaciones indígenas asaz importantes antiguamente, que fueron paulatinamente degenerando miserablemente por el contacto con los vicios importados juntamente con las persecuciones de la civilización española y portuguesa, la cual, la primera sobre todo, tuvo el poder de destruir cuanto bueno encontrara en sus conquistas.
No restan ahora más que unos pocos vestigios, de los cuales todavía se puede deducir fácilmente lo que habrían sido los Caduveos en cierta época, los cuales, reducidos al mínimo término por los vicios y por las dolencias, desconocidas antes de la Conquista van extinguiéndose rápido.
Que ellos derivaran o, por lo menos, tuvieran grandes afinidades con los Incas, queda fuera de duda, siendo el arte del dibujo buena señal para semejantes pesquisas genealógicas.
El Perú no está lejos y la dominación e influencia de los Incas se extendería mucho más allá de esta región40.

Aquellos indios únicos, improbables artistas-centauros, grandes amigos de don Guido, y luego sujetos del admirable análisis estructural de Claude Lévi-Strauss, alcanzaron un grado de civilización ”nada desdeñable41”, pero llegaron también al mismo tiempo a su casi extinción, un ”’fin de civilización” acelerado por el contacto con los paraguayos y los brasileños, por sus guerras y sus vicios, aunque éstos les concedieron al final esas grandes extensiones de tierras en su nombre, tan hermosas que parecen la Meseta de los Venados de Los pasos perdidos, de Alejo Carpentier…
Además, las largas convivencias que tuvo con ellos el Genio de Omegna, equipara su particular acercamiento lleno de Amor al Otro indígena -con medio siglo de adelanto- con la etnología moderna, según Maurizio Leigheb42, el mayor especialista mundial de Guido Boggiani, antropólogo de la RAI:

I Caduvei 43es una de las primeras monografías etnográficas del XIX […] la obra de Boggiani adquiere particular relieve para la modernidad ya que anticipa una concepción del primitivo y del otro que serán adquisiciones de la investigación etnológica contemporánea. […] del artista-viajero cuya obra podría ser considerada como una anticipación de la etnología moderna.

Para concluir, parafraseando a mi amiga Mirian Pino44, las diferentes obras de Boggiani, por su pluridisciplinaridad: fotos, cuadros y monografías etnográficas, forman una ”sutura” entre el Arte, con lo Real Maravilloso de sus diarios de viaje, la Etnología, anticipando la estructural, por su ósmosis con los indios Chamacocos y Caduveos, y la Memoria, por constituir sus trayectorias personales y científicas, uno de los mayores eslabones perdidos del Americanismo, y merecer sobremanera su Figura ser rescatada…
Don Guido supo amar como ninguno al Otro indígena, y sus estadías pacíficas y armoniosas con los indios, a la luz de los recientes eventos en Charlie Hebdo, aparecen no sólo como un claro rechazo de la teorias racialistas vigentes en su época, sino como de las de hoy…
¿No resultaría interesante proponerles a los miembros del Front National que convivan unos meses con musulmanes bien integrados en Francia, a fin de sacarles de la cabeza todos los prejuicios que alimentan sus teorías racialistas…?
Porque cuidado, don Guido iba hacia adelante, hacia el Otro indígena con Humanidad, mientras que nosotros vamos hacia atrás, por las amalgamas de unos idiotas, hacia la Negación y la Aniquilación del Otro Musulmán y empero Francés, tal como Nosotros…

Éric Courthès
22/03/2015

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EL GUARANÍ: LA LENGUA DE LA REBELIÓN Y DEL AMOR, EN EL HOMBRE VÍBORA DE IRINA RÁFOLS

EL GUARANÍ:
LA LENGUA DE LA REBELIÓN Y DEL AMOR,
EN EL HOMBRE VÍBORA DE IRINA RÁFOLS

EL KURUPÍIRINA RÁFOLSEL HOMBRE VÍBORA

Hace poco, mi amiga Irina Ráfols me invitó en su clase de literatura de El Lector en Asunción, a charlar con sus alumnos. Y durante el debate, uno de ellos, recordando primero con razón que Roa Bastos no lo había logrado de manera satisfactoria, me preguntó cómo se podría integrar el guaraní en las ficciones en español, en Paraguay…
Yo le dije que Roa sí lo había logrado en parte en El trueno entre las hojas1 y que luego, salvo en Hijo de hombre, había renunciado a su meta inicial de ”fusionar los dos hemisferios lingüísticos”, tal como lo reza la nota de Toulouse:
”En su conjunto, mis obras de ficción están compuestas en la matriz de este texto primero, de este texto oral guaraní, que los signos de la escritura en castellano tienen tanta dificultad en captar y expresar, que las formas y las influencias culturales y literarias venidas de afuera no han conseguido borrar. Hijo de hombre, la primera novela de la trilogía mencionada, me permitió precisamente profundizar esta experiencia de búsqueda en el intento de lograr la fusión o imbricación de los dos hemisferios lingüísticos de la cultura paraguaya en la expresión de la lengua literaria de sus narradores y poetas; dos universos lingüísticos de tan diferente estructura y funcionalidad. Traté de hacerlo a través de las formas de la experiencia simbólica y semántica que permitieran esta síntesis, más allá de la simple mezcla de léxico y sintaxis del jopará del castellano paraguayo hablado, fórmula que utilicé sin éxito en mis primeros libros. La tentativa ensayada en Hijo de hombre, por el camino de una aglutinación semántica tampoco me satisfizo del todo.”, Hijo de hombre, Alfaguara, Madrid, 1997, 1969, p, 16.
E Irina también quiso hacerlo, nada más que esperó esta última obra para probarlo. En efecto, en sus primeras obras, no aparece con tanta vigencia el idioma guaraní, ora por tener otro ámbito y época, como en Alcaesto, ora por acontecer en un ambiente urbano como Conversaciones en un café, ni Abulio el inútil cuyo entorno es rural también, recoge unas palabras en guaraní…
Entonces, primero, ¿ a qué se debe ese súbito cambio de rumbo?, luego, ¿cómo lo logra en su última obra?, y por fin, ¿Qué expresará esa hibridación entre ambas lenguas? van a ser las tres preguntas a las cuáles procuraré contestar ahora.
La primera pregunta es la más fácil, el personaje principal de la novela, el kurupí2, Mbói Ava en guaraní: ‘Serpiente-Hombre’, aunque es un monstruo, mitad hombre mitad víbora, habla el guaraní, la lengua de la selva. Además, en Villa Saraki, en medio del monte del Alto Paraná, todos los buenos3, mestizos paraguayos e indios, son bilingües -hablan español, guaraní, y la mezcla de los dos: el jopará- mientras que los ocupantes brasileros al final de la Guerra Grande (1864-1870), tratan de erradicar la lengua indígena, y que las pocas familias españolas que quedan, como la de Fernando, se niegan también a hablar esa lengua pueblera, a su modo de ver…

En cuanto a la segunda, si bien no puso un léxico guaraní al final, como Roa en El trueno entre las hojas, multiplicó el uso de préstamos y calcos guaraní, en los diálogos, y la mayoría de las voces y formas índigenas tienen una traducción al español, a pie de página.
Una de esas voces, la partícula expletiva4 ko, aparece varias veces en la obra, para reforzar de forma enfática el discurso del locutor: ” -Faustino, ndaipóri señal ko”ápe5…”, como varias otras, entre las cuales, las más comunes en español paraguayo hablado son: voí, pio, -na, chera’a, e’a, héê, etc. Es de notar que el capítulo titulado La traición, por su increíble tensión dramática -aunque no desprovista de comicidad- es el que contiene más formas guaraní, porque los diálogos entre Longobardo, un profesor e investigador de Asunción que busca los restos del Kurupí6, con su alumno Efraín -que hace creer a tres borrachos que su profe lo raptó para llevarlo a la selva, siendo él menor de edad- son muy tensos. En efecto, Efraín siendo un ex adolescente drogado, de origen acomodado, conoció las duras leyes de la calle Palma7 habla español con su maestro, pero su media lengua está repleta de formas guaraní y llega hasta la lengua híbrida: el jopará, como en el ejemplo que acabamos de citar…
Todos los capítulos de la novela son muy cortos y, por ende, muy densos. La traición apenas pasa de cinco páginas 8, y ahí la lengua guaraní se apodera del diálogo entre Longobardo, Efraín y los tres borrachitos. Menudean las formas ya citadas y en especial el sufijo de imperativo -na: ”….escuchámena… ¡Nambrena! ¡ Dejamena!…”. En esta zona de turbulencias conflictivas, Efraín y los tres borrachitos se sueltan en jopará, la lengua híbrida y afectiva, y el pobre profesor termina en el fondo de una fosa, donde encontrará el esqueleto del Kurupí…
Pero el guaraní es también la lengua de la rebelión; es de situarles primero el contexto de la novela: al final de la Guerra Grande ( 1864-1870), en el Alto Paraná, en medio de la selva, sobrevive una villa paraguaya, llamada Saraki. Es una especie de Macondo, con una perpectiva más fantástica aún, ya que es una villa movida: la tierra, los árboles y los objetos se mueven solos9, en especial en la zona del cementerio10. Ahora bien, los rebeldes son mestizos paraguayos y unos espa- ñoles de la villa, quienes, hartos de la dominación brasilera y sus abusos, se levantan en contra de ellos. Su lengua es el guaraní, el jopará, es la esencia de la rebeldía, puesto que, para esa gente bilingüe, esa lengua es la única capaz de decir los sentimientos más fuertes: ” Y si no, cuando surge el enojo más fiero, el sentimiento más íntimo, la razón más directa, ¿ en qué idioma lo siente el corazón?11”
De hecho, el personaje central de la novela -que no deja de ser también muy romántica- el Hombre-Víbora, no habla español sino guaraní, al vivir escondido en la canopea, mitad hombre mitad mono, no le alcanzó el bilingüismo, y menos la conquista brasilera.
Empero, algo lo relaciona con el mundo, su Amor por Juliana, la hija de Fernando, un terrateniente español de Villa Saraki, ambos logran amarse entre las ramas, pese a que todo los oponga…
Algo similar pasa entre Yrasé, la criada indígena de don Fernando, y un joven teniente brasilero, Paulo da Gamma, que se aman pese a todo, pese al conflico que opone la gente de Saraki y los brasileros, y que terminan abrazados en la muerte…
Hay reminiscencias de La bella y la bestia en el primer caso, y de Romeo y Julieta, en el segundo, el Amor inquebrantable, como la lengua guaraní, supera las oposiciones de fondo entre grupos y seres humanos, y aquel Amor se dice en guaraní. Y también pueder salir de la garganta de un ser mítico hecho realidad, medio bestia, como el Kurupí, u Hombre-Víbora, declarándole su Amor a Juliana, en un largo poema en guaraní, con cuya traducción al castellano, al pie de página, suplanta en gran parte el corpus del texto en español paraguayo12:
” Ha, péicha aipota che pope tesay
Ndaiporichéne ysyryguasu, ytororõ he’é asukáva,
Ykua yvu, ama satî, ni ikaraiva,
Tesay péicha he’ ěmbochýva, ijeirapáva…
Ahecha mba’ eichapa nde resa rupi ohasa pyhare
Ha che apytáma chekangypa añeñopěvo
Nde kéra rehe,
Kéra péicha ijeiretepáva13…”
Sólo copiamos acá la mitad del precioso poema; es sin lugar a dudas, la página más romántica y más guaraní en toda la obra, y en aquel ”momento mágico sin tiempo”, como lo hubiera calificado el gran Roa Bastos, Juliana no sólo se enamora de un monstruo, por no tener otro referente entre los hombres, por encontrar en sus ojos una humanidad ausente en su familia, sino que tiene la sensación ímtima de que está escuchando ”una música” sacada de una lengua divina: ” No tenía idea de que pudiera sentir una intimidad tan cálida en aquellas palabras desconocidas, hasta le llega la profunda sensación de que es algo divino14.”

Éric Courthès
Rioux Grande,
19/09/2014

1 De hecho, es la única obra de Roa que incluye un léxico guaraní, y en la cual, los diálogos vienen muy a menudo en jopará; esa fue mi respuesta al alumno de Irina tan brillante e interesado en la fusión entre sendas lenguas…
2 Ser legendario del panteón guaraní con falo desmesurado en forma de lazo; hoy en día, designa de forma humorística a un hombre cuya vida sexual se merece semejante mote…
3 ‘ ¡ Pero [Mbói Ava] hablaba guaraní! La única lengua que no hablaban los malos era ésta.”, El hombre víbora, El Lector, Asunción, 2013, p. 92, http://www.portalguarani.com/735_irina_rafols/21612_el_hombre_vibora_2013__narrativa_de_irina_rafols.html
4 Es un empleo pragmático, no necesario a la sintaxis o la semántica de la frase, que se usa como muletilla guaraní, a cada rato en el habla cotidiana.
5 El hombre víbora, ibid., p. 149.
6 Buscar los restos de un ser mítico nos parecerá a nosotros lectores europeos algo más que cómico, e incluso medio inverosímil, pero en Paraguay, los mitos se materializan… En efecto, el Kurupí, el Pombero, el Yasy Yateré, el Yasy Moroty*, y muchos otros duendes, están inscritos en la realidad diaria. ”Una realidad que delira”, como lo decían con acierto, Rafael Barret y Augusto Roa Bastos, o sea que una noción tan importante como ” lo real maravilloso” nunca perdió, en mi querida ”ínsula paraguaya”, su vigencia. De hecho, es el país del cuento, de la bola, como dicen con sorna los mismos paraguayos; es un país hecho por, y para, la ficción…
* Esteban Bedoya, otro amigo y escritor de importancia en Paraguay, por su parte, se fue aún más lejos, inventando un ser mítico: Mitaí Moroty: ‘Niño blanco’: ‘Indio Blanco’, en su suculenta novela: La colección de orejas, Cervantes Publishing, Sidney, Australia, 2012, http://www.portalguarani.com/750_esteban_bedoya/17834_la_coleccion_de_orejas_2012__novela_de_esteban_bedoya.html
7 En esta calle céntrica de Asunción, hasta hace poco, niños se morían en la vereda, esnifando pegamento, véase la p. 162.
8 Ibid., pp. 149-150.
9 El genial H.P. Lovecraft, amén del lector, hace estremecerse también los árboles, sin viento, en su famoso cuento: ” El color que cayó del cielo”. Hace poco, un director de cine argentino, Sergio Wolff, adaptó ese cuento a documental, a raíz de la caída de un meteorito en el Chaco argentino, http://www.lanacion.com.ar/1710436-el-color-que-cayo-del-cielo
10 En el tremendo desenlace, las cruces del cementerio se ponen a volar y amparan a los paraguayos en su combate contra los brasileros, dándoles la victoria final…
11 Ibid., p. 209, en boca de Longobardo dirigiéndose a Efraín.
12 Ibid, p. 128.
13 ‘Ah lágrimas así quiero en mis manos./ No habrá río, cascada de agua tan dulce,/ manantial, lluvia divina, bautismo,/lágrimas así, tan dulces…/ Ver la noche pasar por tus ojos/ Y quedarme dulcemente trenzado/ a tus sueños, sueños así tan dulces…”, ibid. p. 128.
14 Ibid., pp. 128-129

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EL GOCE DEL TEXTO ROABASTIANO, ÉRIC COURTHES

EL GOCE DEL TEXTO
ROABASTIANO

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*Eric Courthès

RESUMEN: En este artículo, procuré demostrar que el genio narrativo de Roa Bastos no sólo procede de su lucha mediante el Verbo contra la dictadura y sus dos exilios consecutivos sino también, y sobre todo, de la ‘’Lección de Escritura’’ que nos da el Dictador-Compilador-Autor en Yo el Supremo. En efecto, en esta obra, el autor da la ilusión de que el texto se genera a sí mismo: endotexto, y que el lector, al volverse un ser ficticio y autónomo, como lo reza Roa en la última Nota del Compilador, está condenado a la re-escritura: exotexto. Desde la voz del Dictador, desde el genotexto de Kristeva, desde el lugar de la significancia, desde la oralidad guaraní, parten múltiples placeres del texto a lo Roland Barthes, que terminan juntándose en un verdadero Goce Textual…
PALABRAS CLAVE: re-escritura, endotexto, exotexto, placer del texto, goce del texto
ABSTRACT: In this article, I try to demonstrate that Roa Bastos’s narrative genius derives not only from the way he uses the word to combat dictatorship, but also, and above all, from the Writing Lesson that the Dictator-Compiler-Author imparts in I the Suprem. Indeed, in this book the author gives the illusion that the text engenders itself: endotext and that the reader, in the act of becoming a fictional an autonomous being, as affirmed by Roa in the last Compiler’s Note, is condemned to re-wrote the text: exotext. From various vantage point: the Dictator’s voice, Kristeva’s genotext, the site of signification, and guarani orality, spring multiples textual pleasures as described by Roland Barthes, all of which ultimately fuse into orgasm of the text.
KEYWORDS: re-writing, endotext; exotext, pleasure of the text, orgasm of the text

I) BREVE BIO-BIBLIO-CRÍTICO-GRAFÍA DE ROA
Augusto Roa Bastos nació el 13 de junio de 1917 en Asunción, se pasó la infancia en Iturbe, un villorrio bilingüe aislado, a sesenta kilómetros de la capital, donde su padre, ex seminarista, trabajó de peón y luego de administrativo del ingenio de azúcar. Luego, apenas cumplidos los 15 años, participó en la Guerra del Chaco de 1932 a 1935 entre Paraguay y Bolivia, de enfermero voluntario, todavía estaba en el colegio en aquella época y es de notar que por eso nunca terminó la secundaria…
Lo anteriormente expuesto no le impidió escribir una pieza de teatro, con su madre, La carcajada, al cumplir recién 15 años, que ambos representaron de modo itinerante en esta región del Guairá, y cuyos fondos cosechados sirvieron para sostener a las viudas y las víctimas de la guerra. Después, en ese mismo año fatídico para su país de 1932, escribió, solito, un cuento extraordinario, Lucha hasta el alba, por contener en agraz gran parte de su obra futura…
Después de la guerra, se volvió periodista de El País y empezó a escribir y publicar poemas y cuentos, entre los cuales cabe destacar: El trueno entre las hojas, de 1953, cuya adaptación al cine fue llevada por Armando Bó, en 1956. Pero en 1947, los partidarios del Partido Colorado ametrallan las fachadas del diario y Moríñígo toma el poder, después de una sangrienta guerra civil contra los liberales. Entonces, le tocó exiliarse a Argentina, donde vivió hasta que otra dictadura lo expulsó en 1976.
Va adaptándose en Buenos Aires de modo increíble, su ascenso social e intelectual es fulgurante, y eso que sale de la parte más baja del escalafón. Al principio, habría trabajado de mozo de amueblada , habría guiado a las parejas ilegítimas a sus respectivas habitaciones llevando unas toallitas, ungüentos y demás jabones…
Después, se convirtió durante mucho tiempo en empleado anónimo de una gran compañía de seguros pero ya había entablado relaciones con los mayores intelectuales de la ciudad, o por lo menos con quienes iban a serlo, tal como el tucumano Tomás Eloy Martínez; ya se reunían con otros en el bar La Fragata, cerca del diario La Nación, e intercambiaban sus primeros libros y guiones.
Publica en 1960 en Losada en Buenos Aires, su primera obra notable: Hijo de hombre, un libro de ocho cuentos, que pasaron a diez cuando la refundición de 1982, enlazados entre sí, una especie de novela no-nacida, en la cual ya van apareciendo con toda su potencia los grandes mitos fundadores de la escritura roabastiana: el guaraní, el bilingüismo, el mestizaje, la dualidad, la escritura versus la oralidad, la significancia, la transtextualidad, la poética de las variaciones y la poética de la ausencia, y por si no alcanzara, la historia paraguaya revisitada y la lucha por el Verbo contra la Dictadura…
Fue en aquella época cuando empezó a escribir la novela que le dio una fama mundial y le permitió recibir en 1989 el Premio Cervantes. Desde luego, se trata de Yo el supremo, Siglo XXI, Buenos Aires, 1974 , un increíble monólogo interior del Dictador y Padre Fundador de la República del Paraguay, José Gaspar Rodríguez de Francia: 1814-1840. Un librazo de más de 600 páginas, en el que todas las voces se funden y se confunden, en el cual el texto explota e implota, porque muy a menudo los márgenes van apoderándose de él, y en el que la escritura se hace objeto del relato. Una textualidad mágica, con rupturas hipertextuales por doquier, aderezada con una tonalidad tragicómica, en fin, un Libro tal como uno no se lo había leído, desde Don Quijote de La Mancha…
Todos sus amigos cuentan que la transferencia entre Roa y su personaje fue tan grande, que al cabo de unos quince años dedicados a la escritura de esta obra, creyó morirse antes de publicarlo y le agarraron crisis de pánico, al salir el libro, que cobraban el aspecto clínico de una grave hipertensión…
Pero muy poco tiempo le dura el triunfo, dos años más tardes son los dictadores argentinos quienes se meten en el juego, otra vez, Roa tiene que exiliarse…
En la Universidad de Toulouse, Jean Andreu y su equipo lo agasajan a aquel Nuevo Genio de la literatura latino americana, en aquel entonces muy en boga, totalmente fuera de la norma…
Entonces se vuelve profesor de guaraní y de literatura latinoamericana en la Universidad de Toulouse-Le-Mirail y forzosamente un « escritor de los domingos y días feriados », tal como le gustaba designarse a sí mismo, con su habitual modestia, matizada de auto irrisión, y desde luego, aludiendo también de forma irónica a sus numerosos detractores…
Al caer Stroessner, en 1989, se radica de nuevo en Paraguay, y entonces, con más tiempo libre para escribir, entra en una fase prolífica de creación y escribe obras importantes como El Fiscal, en 1993, su primera novela, a los 76 años, y sobre todo, al año siguiente, publica una obra mayor: Contravida, por su larga gestación, unos veinte años, y su fuerte hipextextualidad auctorial…
En este caso, incluso convendría hablar de “endotextualidad”, por la fuerte ilusión que le da al lector el texto de auto generarse a partir de textos anteriores y pasando por las voces de narradores-personajes, quienes en realidad, llevan el relato y lo dejan postergado al autor a un papel de simple compilador…
Aquella obra inmensa, no por la cantidad de libros producidos sino porque en realidad es a la vez única y múltiple, -porque la « endotextualidad » va recorriéndola de parte a parte, transitando por las voces de narradores, quienes en la mayoría de los casos son también “escribientes” y le dan de entrada una doble perspectiva-, no es una obra cualquiera, es la de la Escritura del Libro que se está escribiendo bajo nuestra mirada atónita de lector atrapado en una red fatal…
Tiene también otra particularidad, es la Escritura de la Muerte, es pura prosopopeya , los narradores-escribientes de Roa son supervivientes, muertos-vivos o vivos-muertos, nonatos aún, Muerte y Vida en aquel espacio textual muy notable ya no tienen la más mínima importancia, o tal vez la tengan de sobras…
Además, lo lleva al Lector « autónomo y no menos ficticio » hacia Cumbres Fecundas de Goces del Texto, con el sentido que le daba Barthes , tales como, a mi parecer, ningún otro autor los había alcanzado antes, de no ser Cervantes, Fante o John Kennedy Toole, y termina condenándolo a la Re-escritura, fenónemo que conceptualicé como “exotexto”…
Como si no alcanzara toda esta transtextualidad, uno descubre al leer su última obra, un libro de aforismos, titulado Metaforismos, Barcelona, Edhasa, 1996, que su obra en conjunto no sólo está constituida de textos debidamente publicados sino también de textos ausentes, y que encima, obedece a una serie de algoritmos textuales, -algo que me pareció acertado conceptualizar como “algotexto-”, que la van tejiendo de forma subterránea…
En una palabra, Augusto Roa Bastos, por el conjunto de su obra y más especialmente con Yo el Supremo, nos dio en tanto lector implicado en la fábula, una « Lección de Escritura», parecida a la que el Dictador le impone a su secretario Patiño, de la cual uno no puede salir ileso…
El Genio Textual se extinguió en su domicilio de Asunción, el 26 de abril de 2005, después de un mareo y una mala caída en la cabeza en una escalera. Es de notar que ésta occurió en la misma fecha que la de Cervantes, otra vez, su modelo en escritura, y la de Shakespeare, cuya obra admiraba sobremanera, sin olvidarnos del primer escritor mestizo, Garcilaso Inca de La Vega, el 23 de abril de 1616…
Hay quienes sólo verán en ello mera coincidencia, pero todas las personas que conocieron a aquel Gran Hombre, y sobre todo, los que se leyeron toda su Obra Magistral, notarán en eso algo más que una Ironía de la Historia…

II) EL GOCE DEL TEXTO ROABASTIANO
Los conceptos de “endotexto” y “exotexto” ya estaban presentes en agraz en Le plaisir du texte de Roland Barthes .
” …la idea generativa que el texto se hace [a sí mismo], se trabaja a través de entrelazos perpetuos, perdido en este tejido – esa textura- el sujeto [autor y lector] se deshace, tal como una araña que se disolvería a sí misma en las secreciones de su tela. Si nos gustaran los neologismos, podríamos definir la teoría del texto como una hipología (hyphos, es el tejido y la telaraña en griego) ”.
También se notará en esta cita el concepto reiterado, después de la publicación en 1968 de Le bruissement de la langue, de la ausencia del sujeto-autor, tragado por su propia tela…
Siguiendo otra vez a Barthes , el placer del texto es ” el valor pasado al rango suntuoso de significante”, y el lugar del goce del texto es la « significancia », con el sentido que le daba Julia Kristeva a esta palabra. Al final de esta obra fundadora de la semiótica textual, precisa un poco su pensamiento, declarándonos que el goce se encuentra sobre todo en « la escritura en alta voz », la cual pertenece al genotexto , a la significancia :” un texto donde se pueda escuchar el grano del gaznate”.
En realidad, se trata del texto que el escritor se lee a sí mismo al escribirlo; ¿cómo no pensar en este caso en el Texto Supremo que el Dictador de la Escritura le dicta a su secretario Patiño? Goce Supremo y Triunfo de la Oralidad sobre la Escritura …
En la garganta autoritaria del Dictador atrabiliario está el Goce Supremo, y como lo subraya la voz de los apuntes en varias ocasiones en esta obra , la escritura arruina la autenticidad de la palabra, del discurso, la trastorna, la traiciona, le quita la sensualidad de la significancia…
Aquella Voz es guaraní o jopará, surge del monte, de los arrabales humildes de Asunción, es ágrafa, no se puede mantener dentro de los límites de la gramaticalización castellana, tiene otras normas, otros códigos semánticos, otros placeres del texto oral de los guaraníes que surgen de los fogones antediluvianos e irreductibles a la escritura occidental…
Aquel Libro increíble ha sido leído primero por el Dictador a su secretario, pues se entrecruza con el genotexto del lector por su oralidad, se lee para ser leído, teatralizado , para que las voces liberen su aparato fónico. Así la escritura se torna lección, en la cual todas las voces narrativas al margen de aquella novela polifónica, más el Dictador, el Autor y el Lector se vuelven totalmente ficticios y por lo tanto, al terminar el libro, al lector le toca hacer lo mismo; dictarse a sí mismo, inventándose un Dictador íntimo, un Nuevo Texto, un Exotexto, surgido de la maraña textual de Yo el Supremo;, insertarse como Pleno Actante en la Ficción, en pos de la Significancia y del Goce del Texto.
“El lector autónomo y no menos ficticio” de la última nota del Compilador, se hará Creador también , no limitará su goce al genotexto, lo tornará exotexto, lo abrirá hacia afuera, como el espiral de la utopía-aporía de la escritura .
Pues, lo que resulta de todo aquello, es que le tocará al lector avezado sacar todos los jugos sabrosos de la fábula roabastiana y hacerse escritor también, pasando por los múltiples goces de las re-lecturas y re-escrituras. En el caso de mi primera novela, partí de los increíbles diálogos de Bonpland y el Dictador al final de Yo el Supremo, cuando disertan los dos a distancia sobre “el infierno de la soledad”, y también cuando se encuentran en Santa María de Fe y el médico francés lo cura al Dictador de una disentería.
Partí de la visión de Roa de un Bonpland solitario, filósofo e inasible, un Personaje que lo desafió al Dictador con su altruismo y terminó ganándole el pulso que echó con él, a la distancia…
A partir de “las carencias y los excesos ” del hipotexto roabastiano”, armé mi propio texto, exotexto que lo re-sucita a Bonpland, que lo hace testimoniar en primera persona sobre sus múltiples vidas y su extraña doble muerte, o sea que creé un Nuevo Supremo totalmente opuesto al primero, por la natural bondad y dedicación al otro de mi personaje.
Pero no fui el único en llevar el goce del texto a esos extremos exotextuales, la Roa manía alcanzó también a Carolina Orlando, una joven y linda escritora de Luján, quien hizo lo mismo que yo y casi al mismo tiempo, con la vida y la obra de Roa Bastos, al publicar recientemente en París, memorias apócrifas de Roa Bastos . Nuestros respectivos goces partieron de la obra del Genio del Tevikuary, en el caso de Carolina fue aún más complejo porque parte su exotexto de Hijo de hombre y Yo el Supremo al mismo tiempo y lo hace a Roa personaje de sus cuentos…
Es de saborear en especial en estos cuentos librescos, animados por libros y sus autores hechos personajes , “El [fascinante] encuentro [de Roa] con Borges” y la increíble exotextualidad de una pieza de teatro, “La leyenda del divino narciso”, compuesta íntegramente por citas de libros que Roa habría podido leerse, sin una sola comilla y con la más extrema coherencia, en su nueva postura textual.
El Goce del Texto para Carolina fue especialmente extremo, demostró por si fuera necesario que el texto roabastiano es transfinito, no tiene fin ni comienzo, y que a partir de sus múltiples “agujeros ”, quedan muchos espacios de re-escrituras para sus lectores más fanáticos…
“Elogio del plagio ”, diría Washington Elphidio Cucurto -seudónimo del escritor argentino nacido en Quilmes en 1973, Santiago Vega- es cierto, pero plagio que rebasa con creces la simple y vergonzosa copia, integrada a un texto a escondidas.
De hecho, nos lleva como lectores integrados a la fábula , a otros espacios textuales, donde el goce del texto roabastiano nos hace escritores y partícipes de un proceso multi-orgásmico: una verdadera Fiesta Orgiástica del Texto…

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La sorpresa / El dolor

ISABELA VENENO FOR EVER….

IsabelaVeneno

Día 1

La sorpresa

Arriba Meng, la necedad juvenil

Abajo K’un, lo receptivo

La imagen: El agua baja veloz y lleva todo a su paso. No es propicio moverse. Todo movimiento es desabarrancado por la la fuerza del raudal. Así como el raudal atraviesa las grandes calles de la ciudad de siete colinas, así la fuerza de la sorpresa atraviesa la existencia apática.

El hexagrama: Aplicado a los asuntos humanos, este hexagrama demuestra la fuerza con la que se manifiestan los actos humanos que no tienen antecedentes, inesperados. El poder de la sorpresa y el estado de asombro que provocan en el pueblo difícilmente pueden deslindarse de la locura. Mediante la quietud, el no movimiento, el hombre logra superar el estado de sorpresa. No dejarse cegar por el eco de la sorpresa es la clave del éxito.

MUTACIÓN

De la sorpresa a El dolor

Una habitación vacía. El…

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